Genève - 1545 : la peste, la peur et la bonne conscience... Enfin, en théorie !
L'épisode en bref
Bienvenue dans « Vraiment Calvin, est-ce là une vie idéale ? Un podcast historique ». Aujourd’hui, nous vous proposons de plonger au cœur d’une année sombre pour la cité de Genève : 1545, marquée par le retour brutal de la peste. À travers les archives du Conseil, c’est toute une société confrontée à la peur, à l’urgence et à l’invisible qui se dévoile.
Avant d’entrer dans le détail de ces registres, rappelons que la peste, depuis le Moyen Âge, ne relève pas seulement du domaine médical. Elle est aussi perçue comme un fléau moral et spirituel, un châtiment divin exigeant à la fois discipline sanitaire et réforme des comportements. Dans les villes européennes, les autorités doivent sans cesse arbitrer entre savoirs médicaux encore incertains, impératifs religieux et maintien de l’ordre social.
À Genève, en 1545, cette tension se lit à chaque page des délibérations du Conseil. Les magistrats organisent une surveillance étroite des hôpitaux, imposent l’isolement des malades et mettent en place des dispositifs d’assistance pour les plus pauvres, particulièrement exposés à la contagion. Mais au-delà de ces mesures, c’est une autre menace qui obsède les autorités : celle des « bouteurs de peste », accusés de propager volontairement la maladie à l’aide de substances infectées.
Les archives révèlent alors une mécanique judiciaire implacable. Interrogatoires sous la torture, aveux extorqués, exécutions publiques : la répression s’abat avec une violence qui témoigne moins de certitudes que d’angoisses profondes. Dans un climat de suspicion généralisée, la peste devient aussi une affaire criminelle, où l’ennemi n’est plus seulement la maladie, mais ceux que l’on désigne comme ses agents.
Enfin, ces registres montrent comment la ville tente de tenir malgré tout. Ajustements administratifs, encadrement religieux, maintien de l’ordre : face à la mortalité croissante, Genève s’efforce de préserver son équilibre, entre contrôle des corps, gestion de la peur et quête de sens.
Dans cet épisode, suivez-nous au cœur d’une crise sanitaire où se mêlent médecine, justice et croyance : comment, en 1545, les autorités genevoises ont-elles tenté de contenir la peste — et jusqu’où étaient-elles prêtes à aller pour conjurer l’invisible ?
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Script
[Pour la discussion entre 2 speakers, voir la version en anglais]
Allez, on plonge directement au cœur des registres officiels, et franchement glaçants, de la ville de Genève. Nous sommes en 1545. Ce qu'on y découvre dans cette analyse, ce n'est pas juste un petit fait historique oublié, c'est une véritable affaire criminelle. Une histoire vraie, sombre, où la panique prend littéralement le pas sur la raison, jusqu'à transformer toute une société. Et ça soulève tout de suite une question fascinante. Comment est-ce qu'une vraie crise sanitaire, une pandémie bien réelle, peut-elle faire basculer une ville entière dans une paranoïa aussi meurtrière ? Eh bien c'est tout le mystère de ce qu'on appelle l'affaire des « bouteurs de peste ». On va voir comment une urgence de santé publique se transforme étape par étape en une chasse aux sorcières impitoyable, le tout documenté avec une précision administrative effrayante.
Pour bien comprendre l'ambiance, écoutez un peu cette citation tirée directement des archives du 22 janvier 1545. On y lit que les accusés « coupèrent le pied d'un corps tombé du gibet et en firent de la graisse et mélangèrent du venin ensemble » . C'est complètement surréaliste, non ? On ne parle plus du tout d'un simple virus ici. On bascule dans la magie noire, la manipulation diabolique, avec des poisons fabriqués à partir de restes humains. C'est le point de départ de toute cette folie.
Chapitre 1. La peste frappe Genève
Avant de s'intéresser à cette hystérie collective, il faut absolument comprendre le contexte d'une ville déjà totalement à genoux. Parce que oui, bien avant les rumeurs de complots, le quotidien Genevois est complètement bouleversé. Si on compare la vie normale à la réalité de 1545, le contraste est saisissant. Les registres nous montrent des détails incroyables. Tous les jeux publics sont annulés, y compris le fameux tir au papegai. Les bouchers supplient la ville de baisser leurs taxes, parce qu'ils sont ruinés, la viande ne se vend plus. Bref, tout est verrouillé, l'économie est à l'arrêt totale et la population est cloîtrée chez elle. Et honnêtement, certaines de ces mesures de confinement nous semblent étrangement familières aujourd'hui. Les malades sont isolés de force, interdiction absolue de se mélanger, les hôpitaux sont complètement débordés, en manque cruel de personnel, et on doit même creuser de nouveaux cimetières avec des fosses très profondes pour gérer l'affût des victimes.
Au début, c'est une gestion de crise tout à fait rationnelle. Et puis, la situation dérape. Ce qui nous amène à notre deuxième partie, la rumeur des bouteurs.
Chapitre 2 . La rumeur des bouteurs de peste
C'est vraiment l'incident déclencheur de notre histoire. Face à cet ennemi invisible qui décime la population, une idée terrifiante commence à germer. Et si ce n'était pas juste une tragédie naturelle ? C'est là qu'apparaît le terme de « bouteur de peste » . D'après les archives de l'époque, un bouteur, c'est quelqu'un accusé de faire partie d'une vaste conspiration démoniaque secrète. Le but ? Propager volontairement la maladie en allant enduire les serrures et les portes des maisons avec une fameuse graisse empoisonnée. Le plus fou, c'est la façon dont les tribunaux de Genève ont structuré cette théorie du complot, et surtout, y ont cru aveuglément. Tout suit un plan précis en quatre étapes.
- Aller voler des morceaux de cadavres au gibet de Champel.
- Extraire le venin sur une victime de la peste.
- Cuisiner cette macabre graisse humaine.
- S'infiltrer la nuit pour engraisser les verrous des maisons saines.
La logique est complètement absurde, mais à l'époque, elle terrifie tout le monde. Et attention, pour cimenter ce complot, on parle carrément d'un pacte avec le diable. Les archives stipulent que ces prétendus conspirateurs auraient vendu leur âme, jurant de subir 3 traits de corde, une torture absolument atroce, plutôt que de balancer leurs complices. Les plus hauts magistrats de la ville étaient persuadés qu'il y avait un véritable réseau surnaturel organisé dans l'ombre.
Chapitre 3. Torture et aveux extorqués.
Car face à ce qu'ils perçoivent comme une menace imminente, l'État va utiliser les grands moyens. Et c'est là qu'on découvre une machine judiciaire d'une froideur redoutable. C'est un processus en quatre étapes très ordonnées pour transformer de simples rumeurs en vérité officielle. Ça commence toujours par une dénonciation. Ensuite, on passe à ce qu'ils appelaient élégamment "la question", c'est-à-dire la torture. C'est tellement violent que les accusés finissent inévitablement par craquer et donner les aveux extorqués qu'on attend d'eux. Et la conclusion de cette chaîne ? L'exécution publique, bien sûr. Tout est parfaitement documenté, légalisé. Alors, pour bien comprendre l'horreur de ce processus, arrêtons-nous sur un chiffre. Neuf. C'est le nombre incroyable de fois qu'un homme, François Boulet, a subi l'estrapade sans jamais rien avouer. L'estrapade, c'est quand on vous hisse par les bras liés dans le dos, puis qu'on vous lâche brutalement pour vous disloquer les épaules. Il a survécu à neuf chutes. Et le pire, les registres notent très calmement que, face à son silence obstiné, le tribunal a simplement ordonné de continuer avec des tenailles brûlantes. Mais derrière tout ce jargon juridique très sec, il y a des tragédies humaines épouvantables. Prenons le cas de Bernarde de Meunier. Complètement terrorisé par la torture qui l'attendait, elle a préféré se pendre dans sa propre cellule avant son procès. Mais pour la machine d'État, pas question d'en rester là. La justice a ordonné que son cadavre soit traîné dans les rues, amputé, puis pendu au gibet pour l'exemple. Même la mort n'offrait aucune échappatoire.
Chapitre 4. Châtiment public et exécution.
On passe ici du huis clos des cachots au grand spectacle de la justice étatique. Si on regarde la chronologie de ce printemps 1545, l'escalade de la violence donne vraiment le vertige. Dès le 9 mars, on construit un pilier de la mort spécifique à plein palais. Le 11 mars, Colette Bercher est brûlée vive. Fin mars, ce sont carrément les soignants de l'hôpital qui sont exécutés. Et quand on arrive en mai, les procès et les bûchers sont devenus la routine. On est en plein cœur d'une hystérie de masse. incontrôlable. Ce qui glace le sang à la lecture de ces textes, c'est le côté répétitif, presque mécanique de ces condamnations. Les greffiers utilisent en boucle la même formule expéditive. L'accusé est traîné dans les rues, on lui coupe la main droite sur la place du Molard. Ensuite, direction Plainpalais pour être brûlé vif. Et la petite touche finale, la main tranchée et clouée sur un poteau en guise d'avertissement. C'est la banalisation absolue de l'horreur. Et dans ce climat de paranoïa totale, Devinez sur qui la colère se retourne en premier. Sur ceux qui sont en première ligne. Jean Fiollet, le barbier de l'hôpital, et Jean Tissier, le faussoyeur, sont accusés d'avoir fabriqué la fameuse graisse empoisonnée à l'intérieur même de l'hôpital, en prélevant du poison sur les victimes dont ils s'occupaient. Ils ont été écartelés en public. Les travailleurs de la santé, qui risquaient leur vie tous les jours, sont soudainement devenus les boucs émissaires parfaits. Ce qui nous conduit à notre cinquième et dernière partie, l'impact social et économique de toute cette affaire.
Chapitre 5. Impact social et économique
Et il y a un paradoxe absolument fascinant dans la façon dont la justice fonctionnait, même en pleine panique. Regardons la différence de traitement entre deux accusés. D'un côté, Colette Bercher est sauvagement exécutée parce qu'elle a avoué, même si c'était sous la torture. Et de l'autre, Laurence Gaillard, bien que lourdement suspectée, n'est condamnée qu'au bannissement. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'y avait pas de preuves matérielles incontestables, ni d'aveux formels. C'est complètement surréaliste de voir cette rigueur bureaucratique coexister avec la pure folie. Mais au final, il ne faut surtout pas oublier le véritable drame qui se joue en arrière-plan. Genève était une ville en deuil. Derrière ces histoires hallucinantes de complots démoniaques, les registres regorgent de détails déchirants. Des dizaines d'enfants devenus orphelins du jour au lendemain, des veufs qui supplient qu'on annule leur loyer, et des pasteurs qui meurent les uns après les autres en allant assister les malades. La communauté était littéralement en train de s'effondrer.
Et tout cela nous laisse sur une réflexion assez profonde. Quand une... peur inimaginable rencontre un ennemi totalement invisible, vers qui se tourne la colère d'une société ? L'histoire des "bouteurs de peste" de 1545 n'est pas juste une vieille anecdote macabre, elle met en lumière une réalité très troublante sur la nature humaine. En temps de crise extrême, sommes-nous programmés pour chercher des boucs émissaires, quitte à fabriquer nos propres monstres ? C'est une question qui résonne encore fort aujourd'hui et qui donne vraiment matière à réfléchir.
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Sources
En 1545, Genève fut frappée par une grave épidémie de peste qui contraignit les autorités municipales à agir simultanément sur plusieurs fronts : santé publique, aide aux pauvres, gestion hospitalière et justice pénale. Les archives du Conseil témoignent d’une ville s’efforçant de contenir la contagion par l’isolement, la surveillance et des arrêtés publics répétés, tout en prenant soin des malades et en venant en aide à ceux que l’épidémie avait réduits à la misère.
Ces mêmes archives révèlent également l’émergence d’une accusation terrifiante : celle selon laquelle certains individus ne se contentaient pas de propager la peste par négligence, mais la « semaient » délibérément à l’aide de substances empoisonnées et d’objets contaminés. Les procédures qui s’ensuivent mêlent gestion de l’épidémie, interrogatoires, aveux, torture et châtiments exemplaires, offrant un aperçu saisissant des peurs, des croyances et des pratiques judiciaires de la Genève de la Réforme.
QUOTATIONS FROM PRIMARY SOURCES
A.E.G., R.C. 39, fol. 89 - lundi 05/01/1545
(Gouvernement de l’hôpital pestilentiel) — L’on a lu la déposition de Pierre Roph, jadis infect de peste, par laquelle il se conste du mal traitement des pauvres qui sont détenus en nécessité de peste audit hôpital. Il a été ordonné que le seigneur lieutenant doive suivre plus outre après lesdites informations, pour être informé de la vérité etc.
A.E.G., R.C. 39, fol. 89v – lundi 05/01/1545
(Metteurs de peste ; Bailli de Thonon) — Sur ce que l’on a entendu que, à Thonon, il y a des prisonniers soupçonnés de mettre la peste, il a été ordonné qu’il soit écrit audit bailli de Thonon, qu’il nous envoie les indices et accusations contre ceux qui pourraient être rière nous, pour en faire justice. Et, pource que le secrétaire Béguin désire aller à Thonon pour ses affaires, que la lettre lui soit baillée.
A.E.G., R.C. 39, fol. 92 – jeudi 08/01/1545
(Maître Abel Poupin, ministre) — Lequel a exposé comment, ainsi qu’il a plu à Dieu, il a été battu de peste, tellement que grandement il est indigent, requérant de l’assister et de lui faire l’aumône. Il a été ordonné que lui soient donnés, pour ce coup, six écus soleil.
A.E.G., R.C. 39, fol. 99 – mardi 13/01/1545
(Monsieur le syndic Morel ; Martin Dupuis, de Genève) — Dans la maison duquel seigneur syndic est trépassée une fille et l’on dit que c’est de peste, et, ayant ouï leur requête et leur supplication de pouvoir aller avec les non-infects, il a été ordonné qu’ils doivent faire leur terme comme les autres et que, non seulement eux, mais la femme dudit Martin, doivent se tenir serrés pour être exemplaires aux autres.
A.E.G., R.C. 39, fol. 99 – mardi 13/01/1545
(Les biens et meubles de la Rebouffière, pour la Ville) — Sur ce que le seigneur Jean Chautemps, ayant charge sur le gouvernement de l’hôpital pestilentiel, a révélé que la Rebouffière est allée à Dieu, de peste, et n’a laissé nul héritier apparent, demandant conseil, (fol. 99v°) il a été ordonné qu’il doive retirer lesdits meubles par inventaire et les garder au nom de la Ville, ainsi qu’il en garde plusieurs autres, ou qu’ils soient remis à l’Hôpital, afin que tels biens soient sûrement gardés.
A.E.G., R.C. 39, fol. 99 – mardi 13/01/1545
(Un homme malade, demeurant vers la Madeleine, étranger) — Pource que l’on doute qu’il soit infect de peste et qu’il n’a pas moyen de vivre à Genève, il a été ordonné qu’il doive se retirer.
A.E.G., R.C. 39, fol. 99 – mardi 13/01/1545
(Andrée, veuve de Jacques Grenier, de Cologny) — Sur ce qu’elle a supplié que, à Cologny, pendant le temps qu’elle était infecte de peste, furent mis devant sa maison un petit fils et une fille, dont, un certain temps après, la fille mourut et, depuis, par pitié, elle retira ledit enfant et l’a alimenté jusqu’à présent, priant de retirer ledit enfant à l’Hôpital et de lui satisfaire du nourrissage dudit enfant, voyant qu’il a été trouvé etc., il a été ordonné que les procureurs dudit Cologny soient contraints de payer le nourrissage dudit enfant et de retirer icelui, attendu qu’il s’est trouvé audit village.
A.E.G., R.C. 39, fol. 102v – jeudi 15/01/1545
(Claude Dupont ; Les bouchers de la grande boucherie) — Lesquels ont supplié comment la peste a été en ladite boucherie et ils n’ont pas tué la plupart du temps, et, à présent, ils sont molestés à payer le cens de dix florins qu’ils doivent pour les bancs, requérant les gratifier desdits dix florins pour cette année. Il a été ordonné qu’il soit avisé sur ceux qui sont pauvres et qui ont été infects, que l’on les gratifie de quelque chose, mais que ceux qui ont de quoi aient à payer.
A.E.G., R.C. 39, fol. 107v – jeudi 22/01/1545
(Jean Lentillier, alias Dunant, marron et cureur de peste, détenu ; Le bailli de Thonon) — Le bailli de Thonon a écrit comment il détient prisonnier un nommé Bernard d’Allinges, de Cervens, lequel a autrefois curé en la maison de la Ville, vers Longemalle. Il a confessé que lui et Jean Lentillier, marron, habitant à Genève, allèrent sous Champel et coupèrent le pied d’un corps tombé du gibet, et le portèrent sous l’hôpital pestilentiel, dans une cabane, et le chapelèrent et en firent de la graisse, et mélangèrent du venin ensemble, lequel ils prirent sur un corps mort de peste, et, de laquelle mixtion, ils en usèrent, dont sont morts Gonin le Boucher, Pierre le Boucher et ses enfants, et était présente une femme nommée Genon Girard, habitante à Saint-Gervais, sur laquelle missive a été constitué prisonnier ledit Lentillier, lequel curait en la maison de Gervais Dubouchet. Et, sur ce, il a été ordonné que l’on doive s’enquérir qui est ladite Genon Girard.
A.E.G., R.C. 39, fol. 108 – jeudi 22/01/1545
(Genon Girard) — Depuis, le seigneur Jean Chautemps, ayant charge de l’hôpital pestilentiel, a référé qu’il est vrai qu’il doute que ladite Genon soit trépassée, mardi passé, en la maison de feu Pernet le Tondeur et est trépassée de peste. Toutefois, il a été ordonné que le seigneur lieutenant doive s’enquérir plus outre de ladite Genon et que l’on doive aller jusque sous le gibet de Champel pour visiter s’il n’y a point de corps qui a le pied coupé ; et que réponse soit faite audit bailli de Thonon et de le remercier de son avertissement, etc.
A.E.G., R.C. 39, fol. 108 – jeudi 22/01/1545
(Jean Lentillier, détenu) — Il a été aussi ordonné que l’on doive suivre à son procès et que l’on doive lui bailler des accoutrements non infects de peste.
A.E.G., R.C. 39, fol. 109v – vendredi 23/01/1545
(Lettre à Thonon ; Jean Lentillier, détenu) — Il a été ordonné qu’il soit écrit au bailli de Thonon pour être mieux informé des indices contre ledit Lentillier, intitulé de semer la peste, et la lettre a été lue et trouvée bonne. (fol. 110) Aussi, il a été donné charge au secrétaire Béguin, qui va à Thonon, de parler au bailli et de le prier que l’on puisse confronter Bernard d’Allinges, son détenu, avec Jean Lentillier, détenu à Genève, et que soit demandé territoire de passer lesdits prisonniers etc.
A.E.G., R.C. 39, fol. 114v – mardi 27/01/1545
(Le Mouroz, habitant à Douvaine) — Lequel, lui étant infect de peste au lieu de Douvaine, vint dans Genève et, sur ce, il a été ordonné que de bonnes et légitimes informations soient prises contre ledit Mouroz, pour en faire justice.
A.E.G., R.C. 39, fol. 117 – jeudi 29/01/1545
(L’hôte de la Limace) — Le seigneur Jean Chautemps a référé que la peste est en la maison dudit hôte et qu’il faut saigner un sien fils. Sur quoi, il a été ordonné que ledit Chautemps doive s’enquérir pour trouver un barbier.
A.E.G., R.C. 39, fol. 117 – jeudi 29/01/1545
(La servante de Claude Malbuisson) — Semblablement, ledit Chautemps a référé que la servante de Claude Malbuisson est morte de peste et que, après qu’elle a expiré, d’elle, est venue la moitié du corps pers et l’autre moitié violet, qui dénote que cela est poison. Il a été ordonné que l’on doive s’informer plus amplement dudit cas, pour entendre si l’on trouverait de ceux qui sèment tel poison.
A.E.G., R.C. 39, fol. 122 – mardi 03/02/1545
(Les linges infects de peste) — Il a été ordonné que tous les linges, accoutrements et autres choses infects ne soient pas permis dans la ville.
A.E.G., R.C. 40, fol. 25v – lundi 17/02/1545
(Engraissement des verrous par les portes des maisons) — Combien qu’il y ait des prisonniers détenus pour avoir semé la peste et engraissé les verrous des portes, nonobstant l’on ne laisse pas d’engraisser lesdits verrous, sur quoi, il a été ordonné que les six capitaines de la Ville, chacun d’iceux rière sa charge, aient à députer des gens fidèles pour faire le guet sur tel cas et que leur soit payée leur peine. Et, s’ils peuvent appréhender quelqu’un, ils seront récompensés outre leur gage ordinaire.
A.E.G., R.C. 40, fol. 38d – mercredi 04/03/1545
(Jean, fils de Jacquemod Pavillon, de Tournevent, près de La Roche, détenu) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’il a commis plusieurs larcins, même des larcins infects de peste, ordonné que, attendu qu’il ne fut jamais repris pour larcin jusqu’à présent, il soit fouetté par la ville et ait l’oreille coupée. Et, depuis, l’on s’est rétracté, attendu qu’il a dérobé des accoutrements infects de peste. Il a été ordonné qu’il soit pendu et étranglé à Champel.
A.E.G., R.C. 40, fol. 39 – samedi 07/03/1545
(Pernon, fille de feu Marco Croysonet, de la paroisse de Chancy, habitante de Genève, appelée Pernon Marca ; Sentence) — Ayant vu le contenu de son procès et le tout bien entendu, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment avec ses complices de semer la peste et a engraissé de poison plusieurs verrous des portes des maisons, par moyen de quoi la peste a été èsdites maisons et sont morts plusieurs gens, et aussi qu’elle est hérétique et a fait l’hommage au diable, et plusieurs autres maux contenus en son procès, sur quoi, il a été ordonné qu’elle soit traînée parmi la ville et, à la place du Molard, qu’elle ait la main dextre coupée et, depuis, qu’elle soit menée à Plainpalais, près de la bêche, et illec qu’elle soit brûlée jusqu’à l’entière consommation de son corps et que sadite main soit clouée à ladite bêche, et ainsi elle finira ses jours, pour être exemplaire aux autres.
A.E.G., R.C. 40, fol. 42v – lundi 09/03/1545
(Piliers à Plainpalais) — Il a été ordonné que soit mis, à Plainpalais, là auprès de la bêche, un grand pilier de chêne. Là auprès seront brûlés vives les femmes empoisonneuses de peste, qui sont détenues encore ès prisons.
A.E.G., R.C. 40, fol. 42v – lundi 09/03/1545
(Semeurs de peste, détenus) — A été avisé, voyant les grands maux que tels gens ont fait dans Genève etc., que les hommes soient tenaillés parmi la ville et, après, condamnés à mort, ainsi que l’on verra par le Conseil. Et que les femmes aient la main dextre coupée au Molard et puis qu’elles soient menées à Plainpalais, et, là, qu’elles soient brûlées. Et que, de jour en jour et d’heure en heure, il soit procédé à la formation de leur procès.
A.E.G., R.C. 40, fol. 43 – lundi 09/03/1545
(Barbier et hospitalier à l’hôpital pestilentiel) — Pource que, à présent, il n’y a nul, à l’hôpital pestilentiel, sinon Thivent Furjod, guidon, lequel veut en sortir, et il y en a encore six qui ont la peste, sur quoi, il a été ordonné que les procureurs de l’Hôpital y doivent envoyer dom Jean Garnier, alias Jacquard, pour se donner garde audit hôpital et, cependant, que soit trouvé un barbier, qui servira de barbier et d’hospitalier, et que lui soit baillé tant meilleur gage, et qu’il ne recouvre point d’argent des pauvres infects.
A.E.G., R.C. 40, fol. 43v – mardi 10/03/1545
— Une partie du Conseil a vaqué après les procès des prisonniers détenus pour avoir semé la peste et l’autre partie est allée à Peney pour la visitation des limites de Peney et de Gex, avec les commis de Berne.
A.E.G., R.C. 40, fol. 44v – mercredi 11/03/1545
(Lettre missive des échevins et conseillers de Lyon) — Lesquels ont écrit comment ils ont entendu que l’on a des personnes intitulées de semer la peste et qu’ils se doutent qu’il en soit usé audit Lyon, requérant de leur faire savoir les intitulés et acoulpés. Il a été ordonné que leur soit communiqué tout ce qui pourra leur servir, afin qu’ils puissent châtier ceux qu’ils pourraient appréhender rière eux.
A.E.G., R.C. 40, fol. 44v – mercredi 11/03/1545
(Colette Berchet, fille de feu Thivent Perrua, d’Avuson, en la terre de Gex, habitante à Genève, détenue ; Sentence) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment, sur peine d’endurer trois traits de corde, et qu’ils se donnèrent corps et âme au diable de ne pas se déceler et d’entreprendre de semer la peste par la ville, et, d’un poison (fol. 45) et d’une graisse faits par ses complices, ils engraissèrent, tant elle que sesdits complices, plusieurs verrous des portes des maisons, tellement que sont morts, de peste et de tel poison, plusieurs gens, comme plus amplement est contenu en son procès, sur quoi, il a été ordonné qu’elle soit, aujourd’hui, condamnée publiquement à devoir être traînée par la ville et, à la place du Molard, à avoir la main dextre coupée, et, depuis, menée jusqu’à Plainpalais, près de la bêche, et, là, à être brûlée, jusqu’à l’entière consumation de son corps, et sa main clouée à ladite bêche, et ainsi elle finira ses jours pour être exemplaire aux autres etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 45 – mercredi 11/03/1545
(Pernon, fille de feu Jean Mermet, alias Basset, de Troinex, habitante à Genève ; Sentence) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment, engraissé, semé la peste et fait mourir les gens, comme ladite Colette Berchet, sur quoi, il a été ordonné que, aujourd’hui, elle soit condamnée à être traînée et mise à mort, brûlée comme dessus.
A.E.G., R.C. 40, fol. 45 – mercredi 11/03/1545
(Pernon, fille de feu Ami Guex, de la paroisse de Chessenaz, veuve de Boniface Thorel, détenue ; Sentence) — Ayant semblablement vu le contenu de son procès, par lequel il s’appart qu’elle a commis et perpétré comme le deux précédentes etc., il a été ordonné qu’elle soit condamnée à devoir être traînée, à avoir la main coupée et à être brûlée comme dessus.
A.E.G., R.C. 40, fol. 47 – jeudi 12/03/1545
— Une partie du Conseil a vaqué après les prisonniers détenus pour le crime de semer la peste et de faire le poison, et l’autre partie a vaqué après la pacification des limites de Peney et de Gex.
A.E.G., R.C. 40, fol. – 49 jeudi 12/03/1545
(Clauda Deville, détenue) — Laquelle est détenue pour être du serment et pour avoir semé la peste. Toutefois, elle est à présent malade en l’Évêché et, doutant que ce ne soit de peste, il a été ordonné qu’elle soit portée vers l’hôpital et qu’elle soit remise à Furjod, guidon, et à dom Jean Jacquard, en garde, sur peine de la vie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 51 – lundi 16/03/1545
(Urbain Besson, Louis Dunant, l’Allemande, la Curta et autres détenus) — Lesquels ne veulent pas confesser la vérité, quelle corde leur a été baillée plusieurs fois, combien que, légitimement, il se conste qu’ils sont du serment de semer la peste et qu’ils ont engraissé les verrous des portes des maisons par la ville, dont mort s’en est ensuivie. Sur quoi, il a été avisé que leur soit baillé un autre tourment pour avoir la vérité d’iceux.
A.E.G., R.C. 40, fol. 51-51v – lundi 16/03/1545
(Clauda, fille de feu Pierre Mossier, dit Peytavin, veuve de feu François Granjat, exécuteur des malfaiteurs, détenue ; Sentence) — Sur ce qu’elle est détenue pour avoir fait le serment de semer la peste, engraissé de poison les verrous des portes des maisons et, par son engraissement, son morts plusieurs gens, comment plus amplement est contenu en son procès, par lequel il se conste qu’elle a acoulpé plusieurs et, encore, depuis sa dernière réponse, a acoulpé la Guillode (fol. 51v°), sur quoi il a été ordonné que, tout à cette heure, l’on doive aller confronter ladite Clauda avec ladite Guillode et, après, que soit procédé à faire jugement sur le contenu du procès de ladite Clauda. Et, ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle a commis et perpétré plusieurs énormes maux, semer la peste, engraisser et faire mourir des gens, comme il est dit dessus, il a été ordonné que, aujourd’hui, elle soit publiquement condamnée à devoir être menée à Plainpalais, près de la bêche, et, illec, à avoir la main dextre coupée et clouée à ladite bêche, et que son corps soit brûlé jusqu’à l’entière consumation d’icelui, et c’est pour être exemplaire aux autres, qui un tel cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 52 – mardi 17/03/1545
(Le gouverneur de Brigue, en Valais ; Évêque de Sion) — Lequel a écrit comment, sous sa charge, a été pris, détenu et exécuté un fuitif de Genève, nommé petit Jean, pour le crime de semer la peste, engraisser les verrous des portes de maison par la ville, de poison par eux fait, et il a acoulpé plusieurs habitants à Genève, dont les noms sont en un rôle qu’il a envoyé, écrit en allemand. Et, sur ce, il a été ordonné que, tout expressément, soit envoyé en Valais discret Jean Mauris, clerc de l’Hôpital, avec des lettres adressantes à l’évêque de Sion, au grand gouverneur du Valais, Kalbermatten, et aux seigneurs Paysans pour obtenir le double du procès, indices et acoulpations faites par ledit petit Jean etc., afin de suivre en justice contre tels malfaiteurs.
A.E.G., R.C. 40, fol. 52v – mardi 17/03/1545
(Bernarde, fille de feu Jean Munier, de Lausanne ; Sentence) — Laquelle était détenue pour avoir fait le serment de faire du poison, semer la peste et engraisser les verrous des maisons pour faire mourir les gens, dont, par son engraissement, plusieurs sont morts de peste. Et, n’ayant pas attendu la miséricorde de Dieu, ce soir dernier passé, sur le matin, s’est, de soi-même, avec l’inspiration du diable, pendue et étranglée dans la prison. Et, ayant entendu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle a perpétré plusieurs exécrables maux, comme plus amplement il s’appart par icelui, il a été ordonné et résolu que, aujourd’hui, elle soit publiquement condamnée à devoir être traînée par la ville, avec le linceul duquel elle s’est pendue et étranglée, et que soit mise une potence auprès d’elle, et, depuis, qu’elle soit menée jusque vers les deux bêches qui sont près du pont d’Arve, et, illec, qu’elle ait la main dextre coupée et que sondit corps, par le cou, soit mis et élevé en un trab fendu, et que sadite main soit clouée à la bêche de Plainpalais, auprès de laquelle ils firent le serment, et c’est pour donner l’exemple aux autres, qui un tel cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 53v – mercredi 18/03/1545
(Prisonniers criminels) — Pour autant que la Bernarde Munier, détenue pour avoir semé la peste, hier au soir, se pendit et s’étrangla en la prison, pour éviter tel scandale, il a été ordonné que, à ses complices qui sont encore détenus, soient mis, toutes les nuits, les menottes derrière et, de jour, devant, et que, le plus bref qu’il sera possible, soit mis fin à leur procès.
A.E.G., R.C. 40, fol. 54 – mercredi 18/03/1545
(Les semeurs de peste) — Pour ce qu’ils ont commis plusieurs maux, il a été ordonné que tels gens qui seront exécutés, s’ils ont de quoi, doivent payer les assistances et les dépens aussi.
A.E.G., R.C. 40, fol. 54 – mercredi 18/03/1545
(Maisons infectes de peste) — Ayant ouï le seigneur Jean Chautemps sur deux maisons infectes de peste à Saint-Gervais, il a été ordonné que, si ceux qui sont infects ont de quoi, telles maisons soient nettoyées à leurs dépens et, sinon, aux dépens de ceux auxquels appartiennent lesdites maisons.
A.E.G., R.C. 40, fol. 54v – mercredi 18/03/1545
(La Christobla, cureuse, demeurant en la rue du Boule) — Pource qu’elle est aucunement suspicionnée de semer la peste, il a été ordonné qu’elle doive demeurer prisonnière et, cependant, que soient visitées toutes les acoulpations etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 58 – vendredi 20/03/1545
(Barbier de l’hôpital pestilentiel ; Bernard, serviteur de maître Guillaume Villard, barbier) — Le seigneur Jean Chautemps, ayant charge de l’hôpital pestilentiel, a exposé que, en la maison du seigneur Claude Savoye, est morte une femme, de peste, et que, à l’hôpital, il n’y a nul barbier. Toutefois, il a bien trouvé un nommé Bernard, qui est bon fils, qui ira volontiers servir, pour le gage de deux écus soleil par mois et son vivre, durant le temps que la peste règnera, et, quand la peste aura cessé, qu’il ait, par an, cinquante florins et le clos du pré de l’hôpital. Il a été ordonné que l’on demeure jouxte ce qui a arrêté avec lui et que, le plus bref qu’il sera possible, on le doive faire aller audit hôpital.
A.E.G., R.C. 40, fol. 60 – samedi 21/03/1545
(Jacquema, fille de feu Claude Mauris, de Scientrier, veuve de Gaspard, serrurier, détenue) — Ayant vu le contenu de son procès et réponses, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment de semer la peste et ils se donnèrent corps et âme au diable, sur peine d’endurer trois traits de corde de ne pas se déceler, comme plus amplement est contenu en son procès.
A.E.G., R.C. 40, fol. 60-60v – samedi 21/03/1545
(Guillauma, fille de feu Pierre Coquet, d’Arthaz, habitante de Genève, détenue ; Sentence) — Ayant aussi vu son procès, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment, engraissé, empoisonné et semé la peste, comme dessus de ses complices, sur ce, (fol. 60v°) il a été ordonné que, aujourd’hui, publiquement, elles soient condamnées à devoir être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir, chacune d’icelles la main dextre coupée et, depuis, menées jusqu’à Plainpalais, près de la bêche, et, illec, à devoir être brûlées, jusqu’à entière consumation de leur corps, et leurdites mains clouées à ladite bêche ; et, ainsi, elle finiront leurs jours, pour être exemplaires aux autres, qui semblable cas voudraient commettre etc. Et que ladite sentence soit mise à entière exécution aujourd’hui.
A.E.G., R.C. 40, fol. 62v – mardi 24/03/1545
(Prisonniers étant ès prisons dernier Saint-Pierre) — Sur ce qu’il a été proposé que, par inconvénient, deux qui étaient mis avec les prisonniers détenus pour dettes sont morts de peste, pour éviter plus grand inconvénient, il a été ordonné que ceux qui, là, sont détenus pour paillardise, comme Boniface Comte et plusieurs autres, soient libérés des prisons, moyennant la soumission de se représenter tantes fois et quantes qu’ils seront requis. Et que la paillarde soit bannie, sur peine du fouet.
A.E.G., R.C. 40, fol. 63 – mardi 24/03/1545
(Prisonniers criminels) — Et, quant aux prisonniers détenus pour avoir semé la peste, il a été ordonné que l’on doive aller suivre à leur procès en la place dudit Évêché, afin d’en faire jugement le plus bref qu’il sera possible.
A.E.G., R.C. 40, fol. 63bis-63bis.v – mercredi 25/03/1545
(Clauda, fille de feu Jacques Pellis, appelée la Curta, Clauda, fille d’Humbert Folliex, de Ville-La-Grand, Pernon, fille de feu Gonin Charbonnier, relaissée de Jean Dunant, de Messery, appelée la Pernon grande Clauda, détenues ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leur procès et réponses, par lesquels il se conste qu’elles ont fait, entre elles trois et leurs autres complices, une conspiration et entreprise de faire du poison, par le moyen duquel ils feraient mourir les gens de peste et, pour semer ladite peste, qu’ils engraisseraient les verrous des portes des maisons et en ont engraissé, et, semblablement, (fol. 63bisv°) ladite Pernon grande Clauda a confessé avoir engraissé les ballandriers des ponts du Molard et de Longemalle, et ils jurèrent entre les mains de Bernard Tallient de ne pas se déceler les uns les autres, sur peine d’endurer trois traits de corde, et ils se donnèrent corps et âme au diable, et, de leurdit poison, ils en ont usé, comment plus amplement est contenu en leur procès, sur ce, il a été ordonné que, aujourd’hui, elles soient condamnées à mort, à savoir d’être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir, chacune d’elles, la main dextre coupée, et, depuis, traînées jusqu’à Plainpalais, auprès de la bêche, et, illec, à être brûlées jusqu’à entière consumation de leur corps et leurdites mains clouées à ladite bêche, et, ainsi, elles finiront leur jours, pour être exemplaires aux autres, qui un tel cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 64 – mercredi 25/03/1545
(Antoine Besson, dit Urban, Louis Dunant, détenus) — Lesquels sont grandement et plus que suffisamment acoulpés d’avoir fait le serment de semer la peste et de faire mourir les gens, toutefois, quel tourment qui leur ait été fait, ils ne veulent pas confesser la vérité. Et, sur ce, l’affaire est mise en opinion, à savoir, les uns sont de cet avis de les murer entre deux murs et les autres de les noyer. Toutefois, il a été ordonné que l’on ait conseil vers les docteurs, pour entendre le moyen le plus propre de procéder contre telles méchantes gens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 65 – jeudi 26/03/1545
(La Jeanne, veuve d’Humbert Fassoret, de Bernex, détenue) — Pource qu’elle était acoulpée de savoir mettre et ôter la peste, toutefois, les preuves ne sont pas suffisantes, il a été ordonné qu’elle soit libérée des prisons et qu’elle doive absenter la ville, pource qu’elle a curé et est aucunement suspicionnée.
A.E.G., R.C. 40, fol. 65v – jeudi 26/03/1545
(La femme de Louis Dunant, détenue) — Pource, aussi, qu’il n’y a pas d’indice contre elle suffisant, il a été ordonné qu’elle soit libérée des prisons.
A.E.G., R.C. 40, fol. 65v – jeudi 26/03/1545
(Christobla, fille de feu Jacques Mermillod, de Pontchy, en Faucigny, détenue ; Sentence) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment de semer la peste, a engraissé de poison les verrous des portes des maisons et, aussi, a renoncé à Dieu et s’est donnée au diable corps et âme, et lui a fait hommage, comme plus amplement est contenu en son procès, il a été ordonné que, aujourd’hui, elle soit condamnée à mort et qu’elle soit traînée par la ville, et, à la place du Molard, qu’elle ait la main dextre coupée et, depuis, qu’elle soit menée jusqu’à Plainpalais, vers la bêche, et, illec, qu’elle soit brûlée jusqu’à entière consumation de son corps et sadite main clouée à ladite bêche, et, ainsi, elle finira ses jours, pour être exemplaire aux autres, qui semblable cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 66 – vendredi 27/03/1545
(Empoisonneurs détenus) — L’on a vaqué à la formation des procès de tels empoisonneurs et semeurs de peste détenus.
A.E.G., R.C. 40, fol. 66-66v – samedi 28/03/1545
(Maître Jean Fiollet, d’Usinens, habitant de Genève, barbier de l’Hôpital pestilentiel, et Jean Tissier, de Saint-Marcel, en Bourbonnais, tissutier, enterreur dudit Hôpital ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leur procès et réponses, par lesquels il se conste et s’appart que, pendant qu’ils étaient au service (fol. 66v°) de la Ville audit hôpital pestilentiel, tant entre eux que leur complices, ils conspirèrent de faire mourir plusieurs gens par du poison et, audit hôpital, ils firent de la graisse, composée de réalgar d’arsenic, de la graisse de peste, qu’ils levaient des corps morts de peste, et d’autres choses vilaines, et ils firent le serment entre eux de ne pas se déceler, sur peine d’endurer trois traits de corde, et ils se donnèrent corps et âme au diable, et, par deux fois, ils firent ledit serment, l’une des fois vers la bêche à Plainpalais et l’autre fois dans l’hôpital, et, de ladite graisse empoisonnée, aussi du poison fait en poudre, ils en ont usé plusieurs fois et sur plusieurs personnes, tellement que beaucoup de gens sont morts, comme plus amplement est contenu en leur procès. Et, sur ce, il a été ordonné qu’ils soient traînés par la ville et, par les carrefours d’icelle, à devoir être tenaillés avec des tenailles chaudes, et, à la place du Molard, à devoir avoir la main dextre coupée et « vos têtes de dessus les épaules, et vosdites têtes et mains clouées à la bêche de Plainpalais, et vos corps mis en quartiers aux quatre carres des Franchises de la ville », et, ainsi, ils finiront leur jours, pour être exemplaires aux autres, qui un tel cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 67v – mardi 31/03/1545
(Urban, Louis Dunant, l’Allemande, Thévena Pelloux, dite Gervaise, détenus) — Ici a été exposé que ces quatre prisonniers ne veulent rien confesser, combien qu’ils soient grandement acoulpés d’avoir usé de poison et semé la peste, etc. Il a été ordonné que l’on en ait conseil des avocats.
A.E.G., R.C. 40, fol. 68v – mercredi 01/04/1545
(Prisonniers détenus pour avoir usé de poison et semé la peste) — Ici a été proposé comment, en l’Évêché, là où sont détenus les prisonniers, il a quelque doute, pource que sont sortis deux prisonniers qui avaient la peste. Sur quoi, il a été ordonné que lesdits prisonniers soient ôtés de ladite maison et remis en la maison de la Ville, qui est en la rue de la Cité, et la garde d’iceux a été commise à Roz Monet, etc. Et que soient faits des ceps pour les mettre etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 69v – 02/04/1545
(Antoine Besson, dit Urban, Louis Dunant, Thévena Pelloux, dite Gervaise, Barthélemie, dite l’Allemande, détenus) — Ayant vu le contenu de leur procès, ensemble les acoulpations, confrontations et indices contre eux faits, et, nonobstant iceux, ils ne veulent pas confesser la vérité, combien qu’ils aient plusieurs tourments endurés etc., et, ayant aussi eu, sur ce, la participation du conseil avec des gens doctes et savants, et, attendu qu’il se conste, par plusieurs procès et réponses de leur adhérents, qu’ils ont été persévérants, jusqu’à la mort, à telles acoulpations, que tels détenus ont fait le serment de semer la peste, ont eu et reçu du poison, et, d’icelui, en ont usé et engraissé par les maisons, dont la mort de plusieurs s’en est ensuivie, sur ce, il a été ordonné que lesdits quatre détenus soient condamnés à devoir être murés et, de là, qu’ils ne soient pas ôtés, jusqu’à ce qu’ils aient confessé la vérité, autrement, ils finiront leurs jours en tel tourment. Et, depuis, il a été avisé que le cas soit encore mis demain en opinion.
A.E.G., R.C. 40, fol. 73v – mardi 07/04/1545
(Le seigneur Jean Chautemps) — Sur ce qu’il a demandé conseil, comment il devra se guider sur ceux qui sont infects de peste etc., et quel commandement il devra leur faire de ne pas se mêler avec les autres etc., il a été ordonné que cela demeure à sa discrétion.
A.E.G., R.C. 40, fol. 76v – jeudi 09/04/1545
(Antoine Besson, dit Urban, Louis Dunant, Thévena Pelloux, dite Gervaise, Barthélemie, dite l’Allemande, et autres détenus) — Ici a été proposé qu’il y a plusieurs prisonniers détenus pour avoir fait le serment de semer la peste, ce qu’ils ont fait et sont cause de la mort de plusieurs gens. Et, combien qu’ils aient été convaincus plusieurs fois, non pourtant ils ne veulent pas confesser la vérité. Et il a été mis en avant que le Petit Conseil est d’avis de les murer et, pource qu’ils ont commis des cas énormes et que l’on est contraint d’y procéder extraordinairement, voyant les grands maux qu’ils ont commis, et aussi attendu les divers tourments qu’ils ont endurés, ils ont demandé, sur ce, conseil. Et, sur ce, il a été ordonné que, pour cette fois, ils soient exécutés, voyant que les délits par eux commis sont fort exécrables. Et que soit lu leur sommaire publiquement, délaissant toutefois le jugement aux seigneurs syndics, juges des causes criminelles, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 77v – vendredi 10/04/1545
(Antoine Besson, dit Urban, Louis Dunant, Thévena Pelloux, dite Gervaise, Barthélemie, dite l’Allemande, et autres détenus) — Ici a été proposé qu’il y a plusieurs prisonniers détenus pour avoir fait le serment de semer la peste, ce qu’ils ont fait et sont cause de la mort de plusieurs gens. Et, combien qu’ils aient été convaincus plusieurs fois, non pourtant ils ne veulent pas confesser la vérité. Et il a été mis en avant que le Petit Conseil est d’avis de les murer et, pource qu’ils ont commis des cas énormes et que l’on est contraint d’y procéder extraordinairement, voyant les grands maux qu’ils ont commis, et aussi attendu les divers tourments qu’ils ont endurés, ils ont demandé, sur ce, conseil. Et, sur ce, il a été ordonné que, pour cette fois, ils soient exécutés, voyant que les délits par eux commis sont fort exécrables. Et que soit lu leur sommaire publiquement, délaissant toutefois le jugement aux seigneurs syndics, juges des causes criminelles, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 78 – vendredi 10/04/1545
(Louis Dunant, alias Semena, Urban Besson, détenus ; Sentence) — L’on a révélé que, ce matin, Antoine, fils de feu Urban Besson, est allé à Dieu et, ce nonobstant, a été lu le sommaire des indices, acoulpations et confrontations faits et produits contre ledit Besson et aussi contre ledit Louis Dunant. Et, nonobstant qu’ils n’ont pas voulu confesser la vérité, suffisamment il se conste qu’ils ont fait le serment de semer la peste, ont engraissé et usé de poison, comme plus amplement est contenu èsdites acoulpations. Et, sur ce, il a été ordonné qu’ils soient condamnés à devoir être traînés par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir la main dextre coupée et, de là, traînés à Plainpalais, près de la bêche, et, illec, à être brûlés et leur main clouée à ladite bêche, et c’est pour donner l’exemple aux autres, qui un tel cas voudraient commettre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 80v – lundi 13/04/1545
(Thévena, fille de feu Gonin Pelloux, de Contamine, femme de Gervais Galliens, de Mieussy, en Faucigny, Barthélemie, fille de feu Ami Chabod, Rosette de Beaufort, femme de Jean Pélissier, de Jussy-L’Évêque, habitante de Genève, détenues ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leur procès, indices, acoulpations et confrontations contre elles faits et produits, et nonobstant qu’elles aient été admonestées de confesser la vérité et aient enduré les tourments etc., non pourtant, elles ont voulu demeurer obstinées. Et, voyant que suffisamment il se conste qu’il y a environ deux ans passés que, à Plainpalais, près de la bêche, avec leurs complices, elles firent le serment de semer la peste, d’engraisser les verrous des portes des maisons de graisse empoisonnée et de ne pas se déceler, en se donnant corps et âme au diable, et sur peine d’endurer trois traits de corde, et elles ont reçu de ladite graisse et en ont usé comme leurs autres complices, comme plus amplement est contenu en six procès contre la susdite Thévena et en cinq procès contre la Barthélemie, sur ce, il a été ordonné qu’elles soient, aujourd’hui, publiquement condamnées à devoir être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir la main dextre coupée, et, après, à être brûlées à Plainpalais, près de la bêche, et leurs mains être clouées à ladite bêche, et ainsi elles finiront leurs jours, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 82 – mardi 14/04/1545
(Un ministre à l’hôpital pestilentiel) — Sur ce que monsieur Calvin, suivant son office, a exposé qu’il est nécessaire qu’il y ait un ministre pour consoler les malades infects de peste, tant dehors de la ville que par les maisons, et qu’il soit ségrégé et séparé en une petite maison, et, aux heures ordonnées, il ira rendre son devoir, et, cependant, l’on pourra faire nettoyer le grand Hôpital, sur ce, il a été ordonné que soit fait un édifice au lieu le plus commode et une maisonnette pour le prédicant, pour retirer les infects. Et, pour aller visiter les lieux, ont été députés les trois médecins de la ville et une demi-douzaine des seigneurs du Conseil.
A.E.G., R.C. 40, fol. 82 – mardi 14/04/1545
(Des fosses des corps morts ; Cimetière des infects) — Et, davantage, il a été ordonné que les fosses des morts soient faites profondes et que soit avisé de faire un cimetière neuf pour ensevelir lesdits corps morts et infects de peste.
A.E.G., R.C. 40, fol. 83 – jeudi 16/04/1545
(Prisonniers) — L’on a vaqué à la formation des procès des criminels et semeurs de peste détenus.
A.E.G., R.C. 40, fol. 85v – samedi 18/04/1545
(René, fils de Louis Bellesfilles, de Chinon, au pays de Touraine, ministre et hospitalier de l’hôpital pestilentiel, et Antoina Guillod, fille de feu Reymond Guillod, de Monthoux, femme dudit René, hospitalière dudit hôpital, détenus ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leur procès et réponses, par lesquels il se conste qu’ils ont fait le serment de semer la peste, d’empoisonner et de faire mourir plusieurs gens, et, de fait, ils en ont usé sur diverses personnes et sont morts beaucoup de gens, comme plus amplement est contenu en leur procès, sur ce, il a été ordonné que, aujourd’hui, ils soient publiquement condamnés à devoir être menés par la ville et tenaillés, avec des tenailles de fer chaudes, par les carrefours d’icelle, et, après, à la place du Molard, à devoir avoir les mains dextres coupées et puis les têtes, « et vos corps mis en quartiers », et lesdites têtes et mains clouées à la bêche de Plainpalais, et les quartiers mis aux quatre carres des Franchises de la ville, et, ainsi, ils finiront leur jours.
A.E.G., R.C. 40, fol. 86v – lundi 20/04/1545
(Aumône des sujets de Peney) — Sur ce que le châtelain de Peney a exposé que la peste est survenue en deux lieux et qu’il serait de besoin d’amplir l’aumône, il a été arrêté que les procureurs subviennent auxdits malades.
A.E.G., R.C. 40, fol. 89 – mardi 21/04/1545
(Inconvénient de peste ; Justice ordinaire) — Ici a été proposé comment, en ville, la peste est fort urgente et en plusieurs maisons, même est prise au grand Hôpital. Et, sur ce, il a été ordonné, tant à cause de la peste que de la grande pauvreté qui est au peuple, causant la cherté du temps, que la cour ordinaire du seigneur lieutenant doive superséder pour un temps.
A.E.G., R.C. 40, fol. 89 – mardi 21/04/1545
(Le grand hôpital général) — Les seigneurs procureurs dudit Hôpital ont exposé que, hier, la peste prit une petite fille qui était à Stéphane Emballeur et elle fut portée à l’Hôpital, et ils ont demandé conseil comment ils devront faire des petits enfants et filles qui sont encore léans dedans, et quel ordre ils mettront sur l’aumône générale accoutumée, etc. Il a été ordonné que lesdits procureurs, entre eux, avisent de faire séparer ceux qui ont conversé avec ladite fille et qu’ils avisent de faire bailler l’aumône accoutumée. Et le tout demeure à leur discrétion, desdits procureurs.
A.E.G., R.C. 40, fol. 89v – jeudi 23/04/1545
(Châtelain de Chapitre, Vandel) — Lequel a exposé que ceux de Vésenaz veulent se faire enterrer au cimetière de Vandœuvres, ce qu’il n’a pas voulu permettre, voyant qu’ils meurent de peste et aussi qu’ils ne viennent pas au sermon audit Vandœuvres, requérant de ce conseil. Il a été ordonné qu’il leur remontre que, de cela, en bref, en sera faite déclaration entre Berne et Genève.
A.E.G., R.C. 40, fol. 91 – jeudi 23/04/1545
(Le seigneur Pierre Malagnod, contrôleur) — Lequel est à présent infect de peste et, sur ce, il a été ordonné que lui soient avancés, sur ses gages à l’avenir, quatre écus soleil.
A.E.G., R.C. 40, fol. 91v – jeudi 23/04/1545
(P. Berthet, dit Tallabard) — Lequel est infect de peste et, non pourtant, il est venu se mêler avec les non-infects et a usé de quelque propos, comme plus amplement est contenu ès informations. Il a été ordonné que, quand il sera essoré, il soit châtié.
A.E.G., R.C. 40, fol. 91v – jeudi 26/04/1545
(Cureuse en la maison d’Ami Revilliod) — Martine, femme de François Dupuis, de Romagnieu, laquelle a été mise pour curer la maison dudit Revilliod, infecte de peste, a fait le serment requis.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92 – vendredi 24/04/1545
(Les amodieurs du sceau du droit) — Lesquels ont exposé que, causant la peste, l’on a fait défense de tenir la cour, ce qui leur revient à préjudice, et qu’ils ne peuvent pas satisfaire la ferme, requérant de rompre leur amodiation ou de détirer le terme où l’on ne tiendra pas la cour sur leur ferme, etc. Il a été ordonné qu’ils aient patience pour un temps et que, si la peste persévère, l’on aura égard sur eux, de leur rebattre ce que l’on verra être de faire etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92v – vendredi 24/04/1545
(André Charave, roi des archers) — Ayant entendu sa requête et, aussi, causant la cherté du temps et que la peste règne, il a été ordonné que ne soit pas tiré le papegai desdits archers.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92v – vendredi 24/04/1545
(Papegai des arbalétriers et couleuvriniers) — Et, semblablement, il a été ordonné que lesdits jeux soient supercédés de tirer, causant comment dessus.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92v – vendredi 24/04/1545
(La veuve de Jean Voland, dit le gentil Charroton) — Laquelle a supplié comment, par deux fois, la peste a été en la maison où elle habite, tellement qu’elle a perdu son mari et ses enfants, requérant de la gratifier de 22 florins, qu’elle doit du louage des membres de la maison du Lion d’Or, qu’elle tient en amodiation. Et, sur ce, il a été ordonné qu’elle doive payer, toutefois, s’il y a de la pitié en elle, que lui soit assisté à l’Hôpital.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92v – vendredi 24/04/1545
(Bastien Bessonet) — Le seigneur Jean Chautemps, ayant charge de l’hôpital pestilentiel, a révélé que ledit Bessonet trépassa hier et que les uns disent qu’il est mort de peste, les autres non. Et, pource que, sur son corps, s’est trouvé quelque signe, ordonné que ses gens doivent se retirer pour un temps, qui, à la discrétion dudit Chautemps, sera établi.
A.E.G., R.C. 40, fol. 92v – vendredi 24/04/1545
(Infects de peste) — Il a été ordonné que soit faite défense à tous, également à ceux qui seront infects, de se mêler avec les gens, mais qu’ils doivent se tenir séparés etc., autrement qu’ils soient punis etc. Et, depuis, s’ils se mêlent dans le terme à eux ordonné etc., il a été résolu qu’ils soient bannis, de ne pas entrer dans la ville pour six mois.
A.E.G., R.C. 40, fol. 93 – vendredi 24/04/1545
(André Chevalier, détenu) — Lequel est détenu sur une acoulpation faite contre lui par maître Jean Fiollet et qu’ils avaient parlementé ensemble du poison et engraissement de peste, et, pource qu’il n’y a qu’une seule acoulpation, il a été ordonné qu’il soit banni perpétuellement de Genève, sur peine d’avoir du fouet publiquement.
A.E.G., R.C. 40, fol. 93 – vendredi 24/04/1545
(La maison de l’Évêché) — Laquelle est grandement infecte de peste et sont sortis plusieurs prisonniers qui sont morts de peste. Il a été ordonné que Cholex et la servente d’Ami Des Arts doivent curer léans dedans, aux dépens de la Seigneurie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 95 – samedi 25/04/1545
(Martine, femme de Jacques Béchod, détenue ; Robelle, fille de feu Jean Delafontaine, appelée Prica, détenue) — Ayant vu le contenu du procès de ladite Martine, par lequel il se conste qu’elle a fait le serment de semer la peste, a engraissé et fait mourir des gens, tellement qu’elle a bien mérité la mort, toutefois, il a été ordonné que soit supersédé au jugement, jusqu’à ce que soit avisé sur ses complices. Et, quant à ladite Prica, il a été ordonné qu’il soit plus outre contre elle enquêté.
A.E.G., R.C. 40, fol. 96 – lundi 27/04/1545
(Pierre Guex, portier de la porte Tertasse) — Lequel a exposé que, nonobstant que déjà il a la clé de ladite porte, encore il lui faut servir de guidon, pource que Baptista ne peut pas satisfaire à tout, à cause du grand nombre des infects de peste, requérant d’avoir égard sur lui. Et, sur ce, il a été ordonné qu’il doive exercer ledit office et que lui soit augmenté son gage de cinq florins par an, qui est, de gage annuel, de 25 florins.
A.E.G., R.C. 40, fol. 96v – lundi 27/04/1545
(La moderne femme du seigneur Henri Aubert ; 100 écus soleil) — Laquelle est allée à Dieu, de peste, et a donné à l’Hôpital, pour l’augmentation d’icelui, la moitié de son mariage, constitué par feu Gauthier, son père, qui se monte à environ cent écus soleil et, a reçu son testament, égrège Claude de Compois. Il a été ordonné que les procureurs de l’Hôpital, à savoir les seigneurs Jean Coquet, Jean Chautemps, Louis Dufour et Michel Varro, procureurs, doivent les recouvrer. Et aussi, ils doivent recouvrer, des hoirs de la femme d’Ami Revilliod, trépassée, cinq florins, qu’elle a aussi donnés en son testament etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 97 – lundi 27/04/1545
(Antoina, relaissée d’Humbert Richard) — Laquelle est infecte de peste et a fait présenter une supplication, comment elle est en très grande extrémité, requérant de lui prêter cent florins, lesquels elle assurera sur une sienne maison vers Longemalle etc. Il a été ordonné que soit parlé aux procureurs de l’Hôpital de l’assister en sa nécessité etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 98 – jeudi 30/04/1545
(Cries sur les infects de peste) — Il a été ordonné de faire des cries que nul infect n’ait à revenir dans la ville avant son terme, sur peine d’être banni de la ville pour demi-an.
A.E.G., R.C. 40, fol. 98 – jeudi 30/04/1545
(La Freneysa et la Prica, détenues) — Ayant vu le contenu de leur procès, par lequel il se conste qu’elles ont fait le serment de semer la peste et ont eu de la graisse et de la poudre empoisonnées etc., comme plus amplement est contenu en leur procès, sur ce, il a été ordonné qu’elles soient condamnées à devoir être traînées, [à avoir] la main coupée et [à être] brûlées comme les autres leur complices, et qu’elles soient exécutées le plus bref qu’il sera possible.
A.E.G., R.C. 40, fol. 101v – lundi 04/05/1545
(Portier en la porte de Cornavin) — Au lieu de Louis Mellier, lequel est allé à Dieu, de peste, a été député en son lieu Jean de Presle, guet, et que soit mis un autre guet en son lieu.
A.E.G., R.C. 40, fol. 103 – lundi 04/05/1545
(La Mie, buandière, détenue) — Laquelle est suspicionnée d’être du serment de semer la peste, dont l’une des femmes exécutées l’a acoulpée d’avoir fait le serment et une autre dit bien qu’elle ne la vit pas faire le serment. Toutefois, pource qu’elle a été de bon nom et fame, il a été ordonné qu’elle soit bannie perpétuellement, elle et son ménage, de la ville, sur peine de la vie, la condamnant à tous les dépens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 104v – mardi 05/05/1545
(Martine, fille de feu Jean Guex, appelée Freneysa, Jeanne, fille de feu Pierre Colomb, alias Cugnet, de Saxel, et Robelle, fille de feu Jean Delafontaine, appelée Prica, habitantes de Genève, détenues ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leur procès, par lequel il se conste qu’elles ont fait le serment de semer la peste et d’empoisonner, toutefois, ladite Cugnette n’a pas fait le serment, mais a bien engraissé, comme plus amplement est contenu en leur procès, il a été ordonné que, aujourd’hui, elles soient publiquement condamnées à devoir être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir, chacune d’elles, la main dextre coupée et, de là, à être traînées à Plainpalais, près de la bêche, et, illec, à être brûlées jusqu’à entière consumation de leurs corps et lesdites mains clouées en ladite bêche, et, ainsi, elles finiront leur jours etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 105v – jeudi 07/05/1545
(François Boulat, détenu) — Lequel est grandement acoulpé de savoir empoisonner et semer la peste etc., et il fut hier constitué prisonnier. Et, sur ce, il a été ordonné que l’on suive de jour en jour et d’heure en heure à la formation de son procès.
A.E.G., R.C. 40, fol. 107 – vendredi 08/05/1545
(Laurent Simon) — Sur ce que le seigneur Pierre Bonna a fait aucune requête, pour ledit Simon, de le laisser retourner en sa maison etc., il a été ordonné, voyant qu’il a été infect de peste et a contrevenu aux cries, qu’il doive demeurer dehors pour six mois, à la forme des cries.
A.E.G., R.C. 40, fol. 107-107v – vendredi 08/05/1545
(Mie, buandière) — Sur ce que le seigneur lieutenant de La Rive et le seigneur Philippin ont prié d’avoir pour recommandée ladite Mie et de rétracter la sentence contre elle donnée, et qu’elle ne sait pas où se retirer et n’a pas de quoi payer ses dépens, etc., il a été ordonné, voyant qu’elle est bannie (fol. 107v°) perpétuellement de la cité et Franchises d’icelle, et de ne pas revenir [sic] sur peine de la vie, pource qu’elle est intitulée de savoir semer la peste, combien qu’il ne se conste pas suffisamment etc., que l’on ne saurait rétracter telle sentence, mais qu’elle doive vider dans 24 heures, elle et ses enfants ; toutefois, que l’on avise de faire quelque aumône à sesdits enfants.
A.E.G., R.C. 40, fol. 108v – samedi 09/05/1545
(La fausse porte du boulevard de Palais) — Il a été ordonné que l’une des portes dudit boulevard soit fortifiée, pour passer, la nuit, les trois morts de peste.
A.E.G., R.C. 40, fol. 110 – lundi 11/05/1545
(Hôpital pestilentiel) — Le seigneur Jean Chautemps a référé que, à l’hôpital, là-bas, il y a quarante malades et que maître Mathieu, ministre, et le barbier dudit hôpital sont aussi frappés de peste, et qu’il n’y a plus qu’un bossot de vin, et qu’il faut de l’argent pour secourir aux nécessités d’icelui. Il a été ordonné qu’il soit assisté et soit secouru èsdites nécessités.
A.E.G., R.C. 40, fol. 112 – mercredi 13/05/1545
(Henriette, fille de Jacques Ormon, de Langin-la-Ville, détenue ; Ordonnance) — Sur ce que grandement est acoulpée d’être du nombre des empoisonneuses et il y a un grand soupçon sur elle, pource que, ainsi qu’elle était chez Pierre Voland, en la rue des Peyrolliers, entre elle et sa compagnie fut trouvée engraissée une seille et elles se sollicitaient de faire le testament l’une et l’autre, toutefois, sa compagnie est trépassée de peste et, combien qu’elle ait eu la corde, elle n’a pas voulu confessé autre chose, il a été ordonné qu’elle soit bannie de Genève et des Franchises d’icelle perpétuellement, sur peine de perdition de la vie, la condamnant à tous les dépens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 112 – mercredi 13/05/1545
(Bernarde, fille de feu Jacques Villars, de Nyon, femme d’Humbert Gurliat, détenue ; Ordonnance) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’elle est grandement anotée et intitulée d’avoir fait le serment de semer la peste, et elle est acoulpée par feu Jean Fiollet et la Basseta d’avoir été de leurs complices, toutefois, elle a eu la torture et a confessé en partie, et, depuis, elle s’est retournée, et, sur ce, il a été ordonné qu’elle soit bannie de Genève et des Franchises d’icelle perpétuellement et de ne jamais revenir, sur peine de perdition de la vie, la condamnant à tous les dépens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 112-112v – mercredi 13/05/1545
(François Boulat, détenu) — Ici a été proposé que ledit Boulat est grandement intitulé d’avoir brûlé des maisons, de savoir faire de la graisse et de la poudre empoisonnées, et en avait distribué à une nommée Jeanne Bergognaute et à la Pernon Pautra, lesquelles l’on convaincu, et, combien qu’il ait enduré neuf estrapades de corde et a été tenaillé, à savoir qu’il ait souffert quatre blots avec des tenailles chaudes sur son corps, et qu’il ne veut pas confesser la vérité etc., il a été ordonné que les ministres doivent aller l’admonester et qu’il soit répété, et, s’il ne veut (fol. 112v°) pas confesser la vérité, que, encore aujourd’hui, il ait deux blots desdites tenailles chaudes et, qu’il confesse ou non, qu’il soit remis à dire droit et soit exécuté vendredi prochain.
A.E.G., R.C. 40, fol. 112v – mercredi 13/05/1545
(Jeanne, femme de feu Raymond Benna, pâtissier, habitante de Genève, fille de feu Guillaume Mutillod, de France, et Pernon, femme de Thivent Dorsier, affaiteur, appelée Pautra, détenues) — Ayant vu le contenu de leurs réponses et procès, par lesquels il se conste qu’elles ont fait le serment d’engraisser, de semer la peste et de faire mourir des gens, et aussi qu’elles avaient charge, de François Boulat, de mettre le feu par les maisons, comme plus amplement est contenu en leur procès, et, sur ce, il a été ordonné que, aujourd’hui, elles soient remises à dire droit et, demain, elles soient condamnées à devoir être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir la main dextre coupée et, de là, à être menées à Plainpalais, près de la bêche, et, illec, à être brûlées et leurdites mains clouées en ladite bêche, et, ainsi, elles finiront leurs jours, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 113 – jeudi 14/05/1545
(Les halles de la ville) — Il a été ordonné que les ordonnances et édits faits sur les halles soient présentés demain en Conseil des Deux Cents, lequel devra se tenir au cloître de Saint-Pierre, causant la peste qui règne.
A.E.G., R.C. 40, fol. 114v – jeudi 14/05/1545
(Jenon, fille de feu Jean Girard, de Cugny, près de Compesières, Jeanne, fille de feu Guillaume Mutillod, de Tournon en Dauphiné, veuve de Raymond Benna, et Pernon Pautra, femme de Thivent Dorsier, habitante de Genève ; Sentence) — Ayant vu le contenu de leurs procès et réponses, par lesquels il se conste qu’elles ont fait le serment de semer la peste et ont reçu de la graisse empoisonnée, et ont engraissé les portes, dont sont morts des gens, comme plus amplement est contenu en leurs procès, et, sur ce, il a été ordonné que, aujourd’hui, elles soient publiquement condamnées à devoir être traînées par la ville et, à la place du Molard, à devoir avoir, chacune d’elles, la main dextre coupée et, depuis, [à être] menées à Plainpalais, près de la bêche et, illec, à être brûlées et leur mains clouées en ladite bêche, et, ainsi, elles finiront leurs jours, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 118v – lundi 18/05/1545
(Thivent Furjod, guet) — Lequel a été détenu pour être annoté des adhérents des empoisonneurs et semeurs de peste, et qu’il n’est pas en l’honneur à la Seigneurie de le tenir en l’office de guet, et, semblablement, elle se tient chargée de sa détention. Il a été ordonné que de bonnes informations soient prises contre lui des paroles dites depuis qu’il a été libéré des prisons et, après, qu’il soit ôté de l’office.
A.E.G., R.C. 40, fol. 120 – mardi 19/05/1545
(La done Grante) — Laquelle a exposé que son beau-fils, Laurent Simon, qui était suspicionné de peste, a fait ses six semaines, requérant de lui permettre de faire ses négoces avec les gens. Et, voyant qu’il a été désobéissant aux commandements qui lui ont été faits, il a été ordonné que lui et sa femme soient [punis] à la peine de l’édit, mitigeant les six mois à six semaines.
A.E.G., R.C. 40, fol. 121v – mercredi 20/05/1545
(Braset, de Sacconex-Le-Petit ; Le seigneur Jean Chautemps) — Sur ce que Michel Chenu a référé que ceux de la maison de Braset sont allés à Dieu, de peste, réservée une femme qui est hors du sens, laquelle va parmi ceux qui ne sont pas infects, il a été ordonné que le seigneur Jean Pictiod y doive mettre ordre et, si ses parents ne peuvent la retirer, qu’il la fasse aller quérir par les enterreurs et qu’elle soit menée à l’hôpital pestilentiel, aux dépens des hoirs dudit Braset.
A.E.G., R.C. 40, fol. 122v – jeudi 21/05/1545
(Humbert Viennois) — L’on a révélé que, hier, fut trouvé, ledit Viennois, en la cabane de la Besançonne, femme de Thivent Furjod, laquelle a la peste, et puis il vint se mêler avec ceux de la ville, comme il se conste par des informations. Et, sur ce, il a été ordonné que ledit Viennois soit constitué prisonnier.
A.E.G., R.C. 40, fol. 124v – vendredi 22/05/1545
(Ami Des Arts, soudan de l’Évêché) — Lequel a supplié les inconvénients de peste survenus en la maison de l’Évêché et la grande charge qu’il a supportée, causant la multitude des prisonniers criminels, requérant de l’avoir pour recommandé. Il a été ordonné que ses comptes soient ouïs et que les meubles qu’il a rière lui, des exécutés, soient vendus, et qu’il retire l’argent et, ce fait, l’on aura égard à sa perte.
A.E.G., R.C. 40, fol. 125 – vendredi 22/05/1545
(Jean Curtet ; C. Curtet) — Sur ce que Jean Curtet a exposé que son frère Claude est infect de peste, lequel il a émendé et a payé pour Ami Des Arts sa partie de la dîme d’Onex, requérant de lui faire sa lettre d’émende, il a été ordonné que, en remettant ses autres quittances, lui soit faite la lettre d’émende, de ce qu’il aura payé pour ledit Des Arts.
A.E.G., R.C. 40, fol. 126 – lundi 25/05/1545
(La grande Jeanne Fassoret) — Laquelle était intitulée de savoir mettre et ôter la peste, et elle fut bannie de Genève, sur peine du fouet, et elle est revenue à Genève. Il a été ordonné que, si elle n’absente pas, elle soit constituée prisonnière et que ladite ordonnance soit mise en exécution.
A.E.G., R.C. 40, fol. 127 – lundi 25/05/1545
(Hôpital général ; Hôpital pestilentiel) — Sur ce que, causant la peste, qui est fort urgente à Genève, et l’extrémité du temps, surviennent de grandes charges èsdits hôpitaux, sur ce, il a été ordonné de secourir aux nécessités d’iceux et que, tant le seigneur Michel Varro, ancien receveur, que le seigneur Pierre Bonna, moderne receveur desdits hôpitaux, doivent délivrer de l’argent pour assister etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 129 – mardi 26/05/1545
(Ami Des Arts, soudan des prisons) — Lequel a baillé un rôle de la dispense faite par les femmes qui ont curé à l’Évêché, causant ceux qui moururent de peste léans dedans, qui se monte, le tout, à 45 florins, d’une part, et à 28 florins, de l’autre, requérant de l’avoir pour recommandé et de l’assister jusqu’à ce que ses comptes soient parachevés. Il a été ordonné que le seigneur Jean Chautemps doive arrêter avec lui et qu’il lui soit satisfait desdites cureuses.
A.E.G., R.C. 40, fol. 129v – mardi 26/05/1545
(Les infects de peste) — Sur ce qu’il plaît ainsi à Dieu que la peste règne fort à Genève et c’est à cause que les gens infects se mêlent avec les autres, il a été ordonné que la peine comprise aux cries soit exécutée.
A.E.G., R.C. 40, fol. 129v – mardi 26/05/1545
(Cries) — Il a été résolu que, encore, les cries sur l’ordre de la peste mis soient renouvelées et que les désobéissants soient annoncés et constitués prisonniers.
A.E.G., R.C. 40, fol. 129v – mardi 26/05/1545
(Suspicionnés de peste) — Il a été ordonné que tous les hommes et les femmes qui seront suspicionnés de semer la peste soient déchassés de la ville et les coupables exécutés.
A.E.G., R.C. 40, fol. 129v – mardi 26/05/1545
(Rolet Clerc, de Messery) — Lequel a exposé que son fils est trépassé de peste au service de la Seigneurie, requérant de lui faire quelque récompense et de lui faire délivrer le bien de son fils. Il a été ordonné que lui soient donnés trois écus et que le seigneur Jean Chautemps lui fasse délivrer les biens de sondit fils, qui pourraient être là-bas, vers ledit Hôpital.
A.E.G., R.C. 40, fol. 132 – vendredi 29/05/1545
(P. Manget) — Lequel a prié d’être mis garde de la porte et tour de Saint-Léger au lieu d’Antoine Sommelier, qui est infect de peste. Il a été ordonné qu’il n’est pas propre à tel office.
A.E.G., R.C. 40, fol. 134v-135 – lundi 01/06/1545
(Prédicants de Draillant et de Neydens) — L’on a exposé que maître Regalis, prédicant de Draillant, est allé à Dieu, de peste, et sa femme aussi, lequel avait d’aumône, rière lui, trente florins. Il a été ordonné qu’il soit pourvu d’un autre ministre audit Draillant et que soient retirés lesdits 30 florins pour suivre à l’aumône. Aussi, maître Pierre de L’Écluse, ministre à Neydens, s’en est allé et a délaissé sa femme et ses enfants, et il a emporté, de l’argent de la Ville, huit écus soleil. Il a été ordonné (fol. 135) qu’il soit pourvu aussi d’un autre ministre audit Neydens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 133b – mardi 02/06/1545
(Le sautier P. Falquet) — Pource que l’une de ses filles, nommée Pernon, demeurait en la Maison de la Ville et sa fille est morte de peste, il a été ordonné qu’il doive serrer la Maison de la Ville et ne pas se mêler avec les gens sans commandement de la Seigneurie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 141 – lundi 08/06/1545
(La Maison de la Ville) — Pource qu’était morte une fille, en la Maison de la Ville, de monsieur le sautier et, craignant l’infection de la peste, noble Jean Chautemps l’avait fait serrer pour dix jours, lesquels sont expirés, de quoi ledit sautier requiert de lui laisser l’ouvrir. Il a été arrêté qu’il puisse bien l’ouvrir, mais, d’y aller, non, jusqu’à vendredi.
A.E.G., R.C. 40, fol. 141v – mardi 09/06/1545
(Paul Tarex) — Lequel a supplié d’avoir avis sur ce que Jean Davioz, dit Gaillard, est trépassé de peste, duquel il était la fiance de la dîme de Saint-Gervais, lequel n’a rien, ni son beau-père, Ami Vulliet, requérant un terme à payer le reste. Il a été arrêté qu’il fasse toute diligence et, nonobstant, qu’il doive payer.
A.E.G., R.C. 40, fol. 145v – jeudi 11/06/1545
(Clauda Béguina, détenue) — Laquelle fut acoulpée, par la Clauda Deville, d’être de la conspiration de semer la peste. Et, pource qu’il n’y a qu’une seule acoulpation, il a été ordonné qu’elle soit bannie perpétuellement de Genève et des Franchises d’icelle, sur peine de la vie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 145v – jeudi 11/06/1545
(Laurence, fille de feu François Gaillard, détenue) — Laquelle est aussi suspicionnée de semer la peste et, toutefois, il n’y a qu’une seule acoulpation. Il a été ordonné que l’on s’enquière plus outre contre elle.
A.E.G., R.C. 40, fol. 146 – vendredi 12/06/1545
(Levet) — Le seigneur Jean Pernet a exposé que la veuve de Jean Levet, escoffier, est allée à Dieu de peste et a délaissé ses enfants, dont l’un d’iceux est hors du sens, et ils n’ont pas de quoi vivre. Sur quoi, il a été résolu que l’Hôpital doive les assister et, après, s’ils ont du bien, qu’ils doivent supporter les charges.
A.E.G., R.C. 40, fol. 147 – vendredi 12/06/1545
(Jean Péchod, habitant de Genève, contre P. Costel) — Lequel s’est lamenté de Pierre Costel, qui lui a dit qu’il était en procès et intitulé de semer la peste. Et ledit Costel dit qu’il a bien dit qu’il était possible qu’il fût en procès et que Messieurs le savaient bien. Sur quoi, le prédit Péchod dit qu’il est homme de bien et qu’il n’est point intitulé de tel cas, et que, pour maintenir son honneur, il fait partie contre ledit Costel. Il a été ordonné que l’un et l’autre soient constitués prisonniers et que l’on suive l’affaire en justice.
A.E.G., R.C. 40, fol. 148v – lundi 15/06/1545
(Pernette, fille de feu Pierre Bossey, comte de Confignon, détenue) — Laquelle est suspicionnée de semer la peste, mais il faut justifier par des gens étant devers chez elle. Il a été ordonné de faire des réquisitoires vers le bailli de Ternier pour pouvoir aller examiner sur le lieu et ont été députés égrège Béguin et Monet, et quilibet insolidum.
A.E.G., R.C. 40, fol. 148v – lundi 15/06/1545
(Laurence, fille de François Gaillard, de Sonnex, paroisse de La Roche, détenue) — Laquelle, aussi, est suspicionnée de semer la peste, toutefois, il n’y a qu’une seule acoulpation. Il a été ordonné qu’elle soit bannie perpétuellement de Genève, terres et Franchises d’icelle, sur peine de perdition de la vie, la condamnant à tous les dépens.
A.E.G., R.C. 40, fol. 151 – mardi 16/06/1545
(Pierre Roph, dit le Tambourin, détenu ; Ordonnance) — Ayant vu le contenu de son procès, par lequel il se conste que, mal et méchamment, il a blâmé le seigneur Jean Chautemps, et que, par sa méchanceté, il a imposé sur ledit Chautemps qu’il était participant de la pratique de semer la peste etc., ce qu’il ne s’est pas consté en sorte que ce soit, comme plus amplement il est contenu en son procès, et, sur ce, il a été ordonné qu’il soit condamné à devoir être publiquement fouetté par la ville et, depuis, qu’il soit banni perpétuellement de Genève et des Franchises d’icelle, sur peine de la vie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 151v – mardi 16/06/1545
(Pernon, fille de feu Pierre Bossey, comte de Confignon, Laurence, fille de feu François Gaillard, de Sonnex, paroissienne de La Roche, détenues ; Ordonnance) — Lesquelles sont suspicionnées d’être de la pratique de semer la peste, toutefois, il n’y a qu’une seule acoulpation contre elles. Toutefois, il a été ordonné, afin d’ôter tout soupçon, qu’elles soient bannies perpétuellement de Genève, terres et Franchises d’icelle, sur peine de perdition de la vie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 157 – samedi 20/06/1545
(Jacques Cloye, cordonnier, habitant de Genève, et Claude, sa fille, détenus ; Ordonnance) — Ayant aussi vu le contenu de son procès, par lequel il se conste qu’il a dérobé, et même des choses infectes de peste, et qu’il s’est mêlé avec les gens non infects, comme amplement est contenu en son procès, il a été ordonné que ledit Cloye et sadite fille, qu’il a induite à dérober avec lui, soient bannis perpétuellement de Genève, terres et Franchises d’icelle, et de ne pas revenir, sur peine d’avoir du fouet.
A.E.G., R.C. 40, fol. 161v – jeudi 25/06/1545
(Hôpital général) — Le seigneur Jean Chautemps a référé que, audit Hôpital, est trépassée une fille, de peste, et que l’on y ait avis. Il a été ordonné qu’il doive y mettre de l’ordre, à sa discrétion.
A.E.G., R.C. 40, fol. 161v – jeudi 25/06/1545
(Jacques Péchod, détenu) — Lequel est suspicionné d’être adhérent aux empoisonneurs et semeurs de peste, toutefois, cela n’est pas bonnement liquidé etc. Il a été ordonné qu’il soit banni perpétuellement de Genève et des Franchises d’icelle, sur peine de perdition de la vie, et qu’il doive vider la ville dans trois jours prochains.
A.E.G., R.C. 40, fol. 162 – jeudi 25/06/1545
(La veuve de Petit Jean, détenue) — De laquelle, son mari a été exécuté à Brigue pour être semeur de peste etc., et, pource qu’il y a aucun soupçon sur elle, il a été ordonné qu’elle soit bannie perpétuellement de Genève et des Franchises d’icelle, sur peine de perdition de la vie, et qu’elle doive vider dans 24 heures.
A.E.G., R.C. 40, fol. 167 – mardi 30/06/1545
(Monsieur François Bourgoin, d’Anvers, en France) — Ayant entendu la relation des ministres etc., il a été ordonné qu’il soit admis ministre à Genève sous le salaire de deux cent quarante florins par an et il a fait le serment requis. Et, en outre, il a été averti de servir en son ministère, tant en temps d’adversité que de prospérité, soit en guerre, en danger de peste, ou dehors de la ville, ainsi que la Seigneurie lui ordonnera.
A.E.G., R.C. 40, fol. 168 – jeudi 02/07/1545
(Georges Lyonet) — Les seigneurs Jean Chautemps et Roz Monet, lesquels ont charge de l’hôpital pestilentiel, ont référé que ledit Lyonet a la peste et ne s’est point retiré des gens, mais, par son moyen, la peste est venue en d’autres maisons et, sur ce, il a été ordonné que, lui étant essoré, il soit châtié comme méchant, jouxte son démérite, et que lui soit fait le commandement de ne pas se mêler avec les non infects, sur peine d’avoir du fouet publiquement.
A.E.G., R.C. 40, fol. 168v – jeudi 02/07/1545
(Hudry Langin) — Guillaume Costel et Julien Boccard, fondeur, ont exposé que ledit Hudry fut suspicionné de peste et il a parachevé son terme, requérant de lui permettre de revenir en sa maison. Il a été ordonné qu’il doive demeurer les six mois dehors, pource qu’il a contrevenu aux édits et, lui étant infect, il s’est mêlé avec les gens non infects.
A.E.G., R.C. 40, fol. 168v – jeudi 02/07/1545
(Pierre, Nicolarde et Guicharde, fils pupilles de feu Louis Mellier) —Pource que ledit Louis est trépassé de peste au service de la Ville et, lui étant portier de la porte de Cornavin et il n’a nuls biens suffisants pour les sustenter, sur ce, il a été ordonné que lesdits enfants soient retirés audit Hôpital et leurs biens aussi, s’il y en a.
A.E.G., R.C. 40, fol. 168v – jeudi 02/07/1545
(Aimé Tacon et sa femme) — Thivent Baptista, guet, a prié de vouloir permettre à Aimé Tacon et à sa femme, aucunement suspicionnés de peste, de pouvoir aller demeurer en une de leurs maisons en la rue de La Tour-de-Boël. Il a été ordonné que ladite requête lui soit octroyée.
A.E.G., R.C. 40, fol. 169v – jeudi 02/07/1545
(Humbert Viennois, détenu) — Lequel fut dans la cabane de la Besançonne, femme d’Étienne Furjod, pendant le temps qu’elle était infecte de peste et il le confesse, mais il dit qu’il était ivre. Il a été ordonné que les témoins contre lui examinés soient répétés.
A.E.G., R.C. 40, fol. 174 – mardi 07/06/1545
(Cries) — Les cries faites sur les pâtissiers, meuniers, des agrès et autres choses, ont été lues et trouvées suffisantes, et aussi sur les infects de peste, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 174 – mardi 07/06/1545
(Le fils de la Pilliffra) — Lequel Pilliffra a été infect de peste et est contrevenu aux commandements qui lui ont été faits. Et, sur ce, il a été ordonné qu’il lui soit fait commandement d’absenter Genève, sur la peine comprise aux édits, et ce pour six mois.
A.E.G., R.C. 40, fol. 174 – mardi 07/06/1545
(Portier de la Corraterie) — Au lieu de Michel Maillet, portier, qui est infect de peste, a été député portier le fils du feu hôte du Soleil.
A.E.G., R.C. 40, fol. 174 – mardi 07/06/1545
(Jean Saubre, Claude Michallet guets) — Lesquels ont été détenus pour n’avoir pas bien exécuté leur charge, tant sur les pauvres étrangers que sur les infects de peste, et [il a été ordonné que], avec de bonnes remontrances, ils soient libérés des prisons.
A.E.G., R.C. 40, fol. 176v – vendredi 10/07/1545
(Le seigneur Henri Goula, maître de la Monnaie) — Le seigneur Jacques Des Arts, cosyndic, lequel a charge des coins des monnaies, a exposé que la peste a été en la maison desdites monnaies et que monsieur le maître demande les coins pour faire des sous pour payer les ouvriers. Il a été ordonné que lesdits coins lui soient remis.
A.E.G., R.C. 40, fol. 178v – lundi 13/07/1545
(Les bouchers) — Sur ce que les bouchers se lamentent de monsieur le lieutenant, qui les a gagés et a levé de leurs chairs et gages pour un certain ban, requérant de leur faire quelque bien et de les traiter gracieusement, et d’avoir considération que les bêtes sont chères, et que la peste règne en leurs boucheries, et que l’on fasse l’essai, s’ils peuvent bailler la chair, et monsieur le lieutenant a dit qu’ils sont venus contre les cries, tant en ce qu’ils ont tué sans être admis et, aussi, qu’ils ont vendu la chair plus que la crie ne porte, parquoi il les a gagés, lesquels bans il a mitigés à deux, il a été ordonné que, devant toutes choses, ils doivent faire le serment de servir à la forme des cries, autrement, s’ils refusent, que monsieur le lieutenant les suive à la forme de la crie.
A.E.G., R.C. 40, fol. 180v – mardi 14/06/1545
(Le procureur général Roset) — Lequel est infect de peste et lui et sa femme sortent de leur maison sans guidon. Il a été ordonné de leur faire faire le commandement de ne plus ainsi procéder.
A.E.G., R.C. 40, fol. 187 – samedi 18/07/1545
(Laurence, fille de François Gaillard, de Sonnex, près de La Roche) — Ladite Laurence, combien qu’elle fut accusée d’avoir été du serment des empoisonneurs et semeurs de peste exécutés, laquelle, depuis, est retournée, combien qu’elle fut bannie, à peine de la vie. Nonobstant, elle est venue ès cabane et courtil de Plainpalais, et a dérobé plusieurs choses. Sur quoi, après avoir vu son procès, il a été ordonné qu’elle soit pendue et étranglée comme dessus, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 187 – samedi 18/07/1545
(Laurence, fille de François Gaillard, de Sonnex, près de La Roche) — Ladite Laurence, combien qu’elle fut accusée d’avoir été du serment des empoisonneurs et semeurs de peste exécutés, laquelle, depuis, est retournée, combien qu’elle fut bannie, à peine de la vie. Nonobstant, elle est venue ès cabane et courtil de Plainpalais, et a dérobé plusieurs choses. Sur quoi, après avoir vu son procès, il a été ordonné qu’elle soit pendue et étranglée comme dessus, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 188v – lundi 20/07/1545
(Une fille étant enclose à Saint-Gervais pour la peste) — Monsieur Calvin a requis qu’il plaise à Messieurs d’avoir avis sur ce qu’il y a une fille qui est enclose, qui meurt de faim, n’ayant pas de moyen de vivre. Il a été ordonné qu’il soit avisé que, si elle est morte de peste, que l’on lui subvienne [sic], sinon qu’elle soit mise en liberté.
A.E.G., R.C. 40, fol. 193v – vendredi 24/07/1545
(Défenses faites par la dame de Nemours) — Suivant ce que déjà a été publié comme il a été défendu et fait défense que nul n’ose ne soit si hardi de fréquenter rière leurs pays et marchés, et ainsi qu’il est contenu en une copie apportée par Jean Favre, boucher, et publiée à La Roche, à cause de la peste, et aussi que, dans lesdites lettres, ils mettent « dame de Genève et de Genevois », combien qu’elle n’ait rien à Genève, il a été ordonné que, de ladite affaire, n’en soit [faite] autre mention pour le présent, mais que, à l’avenir, l’on soit record de ladite affaire etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 199 – mardi 28/07/1545
(L’hospitalier nommé Moche) — Lequel est malade, nonobstant ce n’est pas de peste, désirant être démis et se faire essorer pour se retirer à Saint-Claude. Sur quoi, il a été ordonné que ledit seigneur Jean Chautemps l’entretienne tant qu’il pourra etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 205 – mardi 04/08/1545
(Infects de peste et ceux qui sont alimentés à l’hôpital pestilentiel) — Ici a été avisé qu’il serait bien fait de faire payer les dépens à ceux qui auront été guéris audit [hôpital] pestilentiel, qui auront de quoi, et que soit mis un taux à un tant par jour. Et, pour les drogues, qu’il serait bon que ceux qui auront la peste paient 12 sous et ceux qui auront la peste et la grâce, 18 sous. Et que les procureurs de l’Hôpital, ensemble le seigneur Claude Dupan, doivent s’assembler pour faire quelque avis et arrêt sur ledit cas.
A.E.G., R.C. 40, fol. 210 – lundi 10/08/1545
(Georges Curtillet) — Paul Tarex a exposé que ledit Georges fut frappé de peste et, ne pensant pas que cela était de telle maladie, il lui fut fait le commandement de vider la ville pour six mois, dont, déjà, il a obtempéré à tel commandement l’espace de quatre mois, requérant de l’avoir pour recommandé et de lui permettre de venir dans Genève. Il a été ordonné qu’il lui soit permis de revenir en sa maison pour alimenter ses enfants.
A.E.G., R.C. 40, fol. 210 – lundi 10/08/1545
(Le seigneur Pierre Bonna et Jean-Philibert, son frère) — Lesquels sont infects de peste et conversent avec les non infects. Il a été ordonné qu’ils doivent obéir comme les autres etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 212 – mardi 11/08/1545
(Les hoirs de monsieur de Geneston, ministre) — Sur ce qu’il a été exposé que ledit seigneur est mort de peste, dont ils ont grosse pitié, dont il serait bien requis de leur faire quelque bien, il a été ordonné que soient baillés dix florins à la belle-mère de la femme dudit monsieur de Geneston et de les leur distribuer en leurs nécessités.
A.E.G., R.C. 40, fol. 216v – lundi 17/08/1545
(Maître Mathieu, prêcheur de l’hôpital pestilentiel) — Durant le temps qu’il a eu la peste, il a pris certaines drogues vers un autre apothicaire que celui qui a la charge de l’hôpital et il demande 6 écus. Il a été ordonné que l’on doive payer ce qui sera raisonnable.
A.E.G., R.C. 40, fol. 218v – mardi 18/08/1545
(Pierre Bussinet, dit Tissot, détenu) — Ayant entendu la relation du soudan, lequel a rapporté que Pierre Bussinet, couturier, détenu, a un évier où est la peste, à ce qu’il pense, toutefois, il ne sait pas de quoi il est [sic], requérant d’y avoir avis, il a été ordonné qu’il soit relâché, en payant ses dépens, par le moyen de sa soumission de se représenter etc., ce qu’il a fait et a promis, etc.
A.E.G., R.C. 40, fol. 226 – vendredi 28/08/1545
(Maître Jean Delapierre, sellier, et sa femme, fille donnée de feu Silvestre Rosset) — Collomb, de Troinex, a présenté une supplication en faveur desdits jugaux, lesquels sont infects de peste, requérant, par icelle, comme héritier testamentaire dudit Rosset, de lui relâcher les biens et la prise dudit feu Rosset, situés à Landecy, et que cela n’est pas échu, voyant que ledit Silvestre était bourgeois. Il a été ordonné, voyant que la contention desdits biens est en justice en la cour de Troinex, que l’on laisse l’affaire en droit.
A.E.G., R.C. 40, fol. 227v – lundi 31/08/1545
(Monsieur de Saules, ministre à Genève) — Et, semblablement, les ministres ont fait la requête de donner licence audit maître de Saules de servir en l’Église, combien que le terme que l’on baille aux infects de peste n’est pas expiré. Et, voyant qu’il n’est aucunement infect et que l’on a faute de lui en l’Église, il a été ordonné qu’il soit remis en liberté pour prêcher.
A.E.G., R.C. 40, fol. 241 – vendredi 18/09/1545
(Une femme habitant en la maison de de Vège) — Sur ce que le maître d’écriture et sa femme sont allés habiter en la maison de de Vège, vers la Juiverie, lesquels sont morts de peste, craignant qu’ils n’aient été engraissés, car elle menaça, en sortant, disant bien : « J’en sortirai, mais il y aura d’autres choses », il a été ordonné qu’elle soit prise.
A.E.G., R.C. 40, fol. 242 – lundi 21/09/1545
(Monsieur Mermet Métral, d’Onex) — Lequel a enseveli le bâtard de Bavou, dit Pierre Durant, sur et en la possession de Messieurs, au lieu d’Onex, lequel est mort de peste et, pareillement, qu’il n’a pas voulu obéir ni se désister de la femme qu’il entretient, combien qu’il le lui ait été défendu, etc., et aussi il a mis Michel Nergaz et la femme de Jean Goula en la maison de Messieurs. Il a été ordonné que le châtelain doive prendre des informations sur les désobéissances et, s’il a point paillardé avec elle outre les défenses et aussi du reste, que, du tout, il soit puni.
A.E.G., R.C. 40, fol. 243 – jeudi 24/09/1545
(Le prédicant de Mirandol et le fils de monsieur Cop pour être nouveau ministre ; Michel Cop, de Paris ; Jean Poirier, de Montauban, en Quercy) — Monsieur Calvin a présenté, pour être nouveaux ministres en l’Église de Genève, à savoir un nommé Jean Poirier, de Montauban, qui fut prêcheur au lieu de Mirandol, et aussi le fils de feu monsieur le médecin, maître Michel Cop, qui seront bon pour servir, requérant de les accepter. Il a été ordonné qu’ils soient acceptés, l’un pour demeurer à Genève et l’autre pour le lieu de Neydens, toutefois, que, à l’avenir, il y ait quelques-uns des seigneurs du Conseil à la fin de l’examen etc., lesquels, après, ont fait le serment accoutumé et aussi promis de servir en temps de peste et de guerre, ainsi qu’il leur sera commandé et élu.
A.E.G., R.C. 40, fol. 255v – vendredi 09/10/1545
(Hudri Langin, pairolier) — Guillaume Costel, son beau-père, a prié de permettre audit Langin de revenir en ville, de laquelle il était interdit pour un demi-an, pource qu’il était acoulpé d’être suspicionné de peste. Il a été résolu qu’il soit parlé au seigneur Jean Chautemps, qui a la commission des affaires de l’hôpital pestilentiel.
A.E.G., R.C. 40, fol. 286 – mardi 10/11/1545
(Le seigneur Jean Chautemps) — Lequel a révélé que le commissaire Claude Choudens est allé de vie à trépas, en cette ville, de peste et que ceux qui étaient à l’hôpital pestilentiel veulent s’essorer, et que maître Mouche est toujours attendant ici, jusqu’à ce que lui soient baillés dix écus, et que l’on y ait avis d’en pourvoir de quelqu’autre. Il a été résolu que tout cela demeure à la discrétion dudit seigneur Chautemps.
A.E.G., R.C. 40, fol. 297 – vendredi 20/11/1545
(Dizenier de la dizaine de la ville neuve) — Jeanton de Presle, guet et garde de la porte de Cornavin, a rapporté comment les gens de la dizaine de la ville neuve ne font point de guet, causant la pauvreté, la peste et aussi pour le désordre, requérant d’y mettre aucun ordre. Il a été arrêté que soient demandés les dizeniers, afin de mettre quelque bon ordre.
A.E.G., R.C. 40, fol. 314d.v – lundi 07/12/1545
4. De la garde de Genève, pour entendre si elle a le pouvoir de se garder de surprise ou s’il survenait gens d’armes devant, et combien de temps elle pourrait tenir de soi-même et se défendre ; item et dans quel terme Genève aurait faute de leur aide et de quel nombre.
Réponse : de leur remontrer que, par la peste, sont morts plusieurs gens, toutefois, que, avec l’aide de Dieu, l’on veut bien se garder de surprise et que l’on fera du tout son devoir ; toutefois, que si l’on avait faute de quelque nombre de gens pour ladite garde, qu’il leur plût nous en bailler de ceux qui sont Allemands et non pas de ceux du Pays de Savoie. (fol. 314e [sic]) Et, aussi, il sera alors avisé de retirer dans la ville des sujets de Peney, Jussy, Genthod, Céligny, Saint-Victor et Chapitre, à savoir ceux que l’on verra être propres pour la défense. Et il faudra bien aviser de ne pas y mettre un grand nombre pour éviter les vivres ; toutefois, il sera avisé du nombre. Et que, si l’on avait dans la ville deux milles hommes, ils auront assez de temps de se jeter en bon nombre sur les ennemis. Et que, après qu’ils auront vu les forteresses, l’on leur demande conseil. Et que Genève pourrait bien faire xvc hommes.
A.E.G., R.C. 40, fol. 338 – mardi 29/12/1545
(Maître Mouche, barbier et chirurgien de l’hôpital pestilentiel ; Maître Claude, fils de feu Jean Vion, dit Mouche, de Saint-Claude) — Les seigneurs Claude Dupan et Jean Chautemps, conseillers, ont référé que, jouxte la commission à eux baillée, ils ont arrêté avec ledit maître Mouche comme il s’ensuit, réservant le bon vouloir de Messeigneurs : premièrement, que, tant en temps de prospérité qu’en temps de peste, il ait cinquante florins par an ; item, en temps de peste, que soient payés ses dépens de bouche du temps qu’il servira à l’hôpital pestilentiel et, outre son gage ordinaire, que lui soit baillé un écu par mois, pour l’entretènement de son ménage ; item, en temps de prospérité, par le moyen du gage susdit, il sera tenu de servir, à l’hôpital général, de barbier et de chirurgien, lesquels arrêts ont été acceptés et ratifiés. Et, en outre, à la requête dudit maître Mouche, icelui a été admis bourgeois gratis et il a promis et juré, etc.
Liste des procès criminels conservés aus Archives d'État de Genève concernant la peste de 1545
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 388 (22/01-17/02/1545) : Jean Dunant, dit Lentille, de Greyssier en Bornes
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 389 (01/02-13/03/1545) : Pernette Croysonet, dite Marca, et Pernon Bassetaz (cf. A.E.G., P.C. 2e série, n° 624 : sentence)
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 391 (24/02-07/03/1545) : Louise Chapuis, servante de l'hôpital des pestiférés (A.E.G., P.C. 2e série, n° 624 : sentence)
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 392 (25/02-?/1545) : Jean Fiollet, d'Usenens, barbier à Saint-Gervais.
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 393 (25/02-17/03/1545) : Bernarde Monier, de Lausanne
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 394 (25/02-10/04/1545) : Antoine, fils d'Urbain Besson, citoyen de GE
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 395 (26/02-11/03/1545) : Collette Berthetaz, d'Avuzin
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 396 (27/02-05/05/1545) : Clauda Mossier, veuve du bourreau Jean François Grangeat, Jaquema Mauris, de Scintrier, Thibaude Guex, Guillaume Coquet, CLaude de Pellis, Clauda Folliex, de Ville-la-Grand, Martin Gay, Jeanne Colomb et Pernon, fille d'Hugonin Charbonnier
- A.E.G. P.C., 1re série, n° 397 (28/02-?/1545) : Jean Tissier, du Bourbonnais
- A.E.G., P.C., 1re série, n° 398 (02-04/1545) : Louis Dunant, dit Semenaz
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 400 (26/03-07/05/1545) : Mya Bouloz, veuve de Pierre Gradel
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 401 (27/03-28/04/1545) : "quelques femmes servant dans l'hôpital pestilentiel"
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 402 (27/03-13/05/1545) : Bernarde, femme de Humbert Guillat et fille de Jacques Villard, de Nyon
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 403 (07/03-18/04/1545) : René Bellefille, de Chinon, en Touraine, barbier de l'hôpital des pestiférés depuis 1543, et Antonia Guillod, sa femme
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 407 (04-14/05/1545) : Jeanne Mutillod, du Dauphiné, veuve de Reymond Benna, bourgeois de GE, et Genon Girard, de Compesières, veuve d'Antoine Mollier, de Bornes
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 408 (06-16/05/1545) : François Boulat, de Myoncier
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 624 (1545) : Pernon, fille de feu Martoz Croysonet, de Ponchy, et Louyse, fille de feu Pierre Chappuys
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 626 (26/03/1545) : Jeanne, veuve de Humbert Fassoret
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 627 (1545) : Christophle, fille de Jacques Mermilliod, de Pontchy
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 628 (1545) : Jean Teissier, dit Bourbon, enterreur, et Mermet Biollet, de Usenens, barbier
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 629 (28-30/03/1545) : Thevenaz, fille de Claude Burlat
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 631 (1545) : Bartholomée, file de feu Aymé Chabod, Roset de Beaufort, femme de Jean Pillicier, de Jussy, et Thévenne Pelloux, femme de Gervex Galliene
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 679 (28/12/1545-?/03/1546) : Genon Reviez
Et aussi :
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 410 (19/05-17/06/1545) : Pierre Roph, officier du lieutenant, "qui, après avoir été cassé de son office pour avoir accusé des innocents, avait continué à répandre publiquement des calomnies contre plusieurs citoyens" = en rapport avec la peste ?
- A.E.G., P.C. 1re série, n° 420 (14-20/02/1545) : Antonia Biarde "qui quoique infesté de peste s'était mêlée contre les ordonnances aux gens sains et pavoissant avoir voulu la répandre"
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 623 (1545) : Jean Pavillon, de Tornevant, près de La Roche, "condamné à être pendu pour vol d'objet provenant de pestiférés"
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 632 (1545) : Pierre Bictet, dit Talabard, "poursuivi pour refus d'obéissance aux ordonnances contre la peste"
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 644 (1545) : "Informations prises sur l'incendie de la maison de Petrequin Charotton, à la Fusterie, à la suite d'un curage pour la peste"
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 646 (24/06/1545) : "Propos tenus par Antoine Trollet sur le bouteur de peste Tyollet, le barbier"
- A.E.G., P.C. 2e série, n° 685 (s.d. - 02-12/1545 ou 1546?) : 8 causes peu importantes, sur accusation pour délits divers, dont 2e. contre la Coquetaz, affaire de peste (février)
Sans oublier :
- A.E.G., E.C. Morts suppl. 1 : "carnet d'aucuns morts de peste" (avril-mai 1545) web
Et quelques pistes à suivre...
Quelques idées supplémentaires pour explorer le monde de la peste sous l'Ancien Régime :
- Laurie Henry, "Avant la peste noire, la peste avait déjà décimé les premières communautés agricoles européennes", science-et-vie.com, 2026/05/22, online web
- Alex Brown / Grace Owen, "La découverte d'une liste de survivants de la peste noire éclaire la façon dont on guérissait de la maladie au Moyen Âge", theconversation.com, 2026/05/15, online web
- Linda Geddes, "Mass grave reveals who really died in Switzerland's last plague outbreak", gavi.org, 2026/04/15, online web
- Laura Rindlisbacher et al., "All equal in the face of death? Life histories of confirmed victims of the last plague epidemic in Basel (Switzerland)", Antiquity, vol. 100, n° 410 (2026), pp. 500-516 web
- Renzo Reinhardt, Plague workers and sorcerers in the Duchy of Brabant and the County of Flanders (1347-1550), Leiden: Universiteit Leiden, 2024/06, 62 p. web
- Neil Murphy, Plague, towns and monarchy in Early Modern France, Cambridge: Cambridge University Press, 2024/04, 84 p.
- Janna Coomans et al., "Plague, religion and urban space in Sixteenth -Century Antwerp", Social history of medicine, vol. 37, n° 3 (2024), pp. 583-610 web
- anonyme, "Les scientifiques reconstruisent l'histoire de l'évolution de peste", cordis.europa.eu, 2023/03/07, online web
- anonyme, "Une reconstruction génomique permet d'élucider le mystère de la Peste noire", cordis.europa.eu, 2023/03/09, online web
- Marilyn Nicoud, "À l'épreuve de la peste. Médecins et savoirs médicaux face à la pandémie (XIVe-XVe siècles)", Annales HSS, vol. 78, n° 3 (2023), pp. 505-541 web
- Neil Murphy, "Plague hospitals and poor relief in late medieval and early modern France", Social history, vol. 47, n° 4 (2022/10), pp. 349-371 web
- Anna Abney, "Plague and pandemic: how we responded then and now", Historia: magazine of the historical writer's association, 2022/06/22, online web
- Lori Jones, Patterns of plague: changing ideas about plague in England and France, 1348-1750, New York: McGill-Queen's University Press, 2022, 382 p. web
- Ruth MacKay, Life in a time of pestilence: the great Castilian plague of 1596-1601, Cambridge: Cambridge University Press, 2019, 288 p.
- Didier Foucault / Sylvie Mouysset, "Ordre et désordre de la peste dans le Midi Toulousain au XVIIe siècle", Cahiers du CEHM, n° 14 (2006), pp. 15-38 web
- Jean Delumeau, "La peste et la peur", in Gérard Fussman (ed.), Croyance, raison et déraison, Paris : Odile Jacob, 2006, pp. 181-187 web
- Barry Coward / Julian Swann, Conspiracies and conspiracy theory in Early Modern Europe. From the Waldensians to the French Revolution, New York: Rootldege, 2004, 288 p.
- Frédérique Audoin-Rouzeau, Les chemins de la peste. Le rat, la puce et l'homme, Rennes : Presses universitaires de Renne, 2003, 372 p. web
- William G. Naphy, Plague, poisons and potions: plague-spreading conspiracies in the Western Alps, 1530-1640, Manchester: Manchester University Press, 2002, 256 p.
- Françoise Hildesheimer, La terreur et la pitié. L'Ancien Régime à l'épreuve de la peste, Paris: Publisud, 1990, 190 p.
- Paul Slack, "Responses to plague in Early Modern Europe. The implications of public health", Social research, vol. 55, n° 3 (1988), pp. 433-453 web
- Edward E. Eckert, "Boundary formation and diffusion of plague: Swiss epidemics from 1562 to 1669", Annales de démographie historique, n° n/a, 1978, pp. 49-80 web
- Jean-Jacques Hémardinquer, "L'essai de peste au XVIIe siècle", Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 23, n° 2 (1976), pp. 278-290 web
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- Auger Ferrier, Remèdes préservatifs et curatifs de peste, nouvellement composez par Maistre Oger Ferrier, [Genève]: Jean II de Tournes, 1589, n/a p.: édition douteuse, pas d'exemplaire connu [GLN-3372]
- Antoine Royet, Excellent traicté de la peste. Monstrant les causes et signes d'icelle, et les remedes les plus exquis tant pour la preservation que pour la cure des malades, le tout bien approuvé, et en divers lieux heureusement experimenté, par Antoine Royet, natif de Lyon, [Genève]: Pour Émeran Le Melays, 1583, 213 p. [GLN-3020, autre émission pour Jean Durant GLN-3021] web
- François Chapuis, Sommaire contenant certains et vrais remedes contre la peste. La maniere de preserver les sains, contregarder les infectz, et ceux qui servent les malades, de guerir les frappez, et de nettoyer les lieux infectz. La maniere d'y proceder par medecine, saignées, ventoses, cautheres ou ruptoires ; le tout traité si familierement qu'un chacun, en cas de necessité, se pourra panser soy-même, Genève: [Jean Girard], 1543, 40 f. : [GLN-1380, réédité en 1548 par Jean Chautemps GLN-1464] web
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(thecollector.com - web)
Projet RCnum
Ce podcast de vulgarisation historique est développé dans le cadre du projet interdisciplinaire intitulé « Édition sémantique et multilingue en ligne des Registres du Conseil de Genève / 1545-1550 » (RCnum) et développé par l'Université de Genève (UNIGE), grâce à un financement du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS).

